Lorsque vous parcourez le compte Instagram de votre influenceur préféré, cela vous fait rêver n’est-ce pas ? À coup de balades en yacht, de séjours dans les hôtels les plus luxueux et d’achats compulsifs de marque de luxe, la vie des influenceurs est enviée par beaucoup. Cette vie luxueuse est-elle pour autant le quotidien de tous ? Les salaires d’influenceurs sont enfin révélés par la presse spécialisée et les agences de marketing d’influence. Nous verrons dans cet article si le métier d’influenceur fait effectivement vivre tous ces pratiquants.  

 

Qu’est-ce qu’un influenceur ? 

Un influenceur est avant tout une personne qui partage du contenu (photos, vidéos ou autre…) et son avis, autour d’une passion donnée, le plus souvent sur une plateforme digitale (les réseaux sociaux, un blog, un forum…). De part la qualité de son contenu, il fédère une communauté d’abonnés relativement large qui lui accorde sa confiance

L’influenceur possède ainsi un pouvoir de persuasion auprès de sa communauté et influence ses comportements d’achat (ou autres). Il/Elle monétise sa notoriété sur internet en développant des partenariats privilégiés avec des marques. L’influenceur promeut des produits et/ou services ou encore améliore l’e-réputation de la marque. 

 

L’influence : une activité rémunérée

La monétisation des contenus sur les réseaux sociaux

Le phénomène qui a marqué la migration de l’influence de simple passe-temps à une activité rentable, c’est surtout l’accès à la monétisation des vidéos sur YouTube.

Effectivement en 2007, le géant de la vidéo, YouTube, décide d’accorder le statut de « partenaire » aux créateurs de contenu les plus célèbres sur sa plateforme. Concrètement, cela signifie que les chaînes les plus influentes sur YouTube ont l’opportunité de monétiser leurs vidéos en donnant l’accord à YouTube d’y intégrer des publicités. En monétisant leurs vidéos, les influenceurs bénéficient ainsi d’un revenu pour leur activité. 

Cela change les règles du jeu de l’influence car sur YouTube, on parle de milliers voire de millions de vues de vidéos. Les gains sont d’autant plus intéressants pour les créateurs de contenus qui se précipitent sur cette plateforme. L’influence devient alors une activité rémunératrice – moyennant des milliers de vues sur les vidéos bien sûr. 

Voici l’indice qui indique la monétisation d’une vidéo sur YouTube :

salaires d'influenceurs

Plus récemment TikTok a également commencé à rémunérer les créateurs de contenus sur sa plateforme. A l’instar de YouTube en 2007, le réseau social chinois a créé un fonds monétaire, appelé le “TikTok Creator Fund”, dotée d’une enveloppe de 200 millions de dollars et destinée à la rémunération des créateurs de vidéos sur sa plateforme. Seuls les créateurs de 18 ans et plus, à la base d’abonnés de 10.000 et plus et ayant cumulé un minimum de 10.000 vues de vidéos dans les 30 jours précédent auront accès à ce fonds. 

 

Les sources de revenus complémentaires de l’influenceur

En plus de la monétisation des contenus via les réseaux sociaux, voici une liste non exhaustive qui énumère les différentes sources de revenus d’un influenceur :  

    • La promotion de marques : l’influenceur promeut une marque sur ces réseaux sociaux. Par exemple, Léna Situations, influenceuse mode/beauté sur YouTube a fait la promotion de la marque RhinoShield qui personnalise des coques de téléphones lors de sa série de vidéos intitulée “Les vlogs d’août”.
    • Les partenariats long terme avec les marques : l’influenceur collabore avec une marque sur le long terme en développant en co-création une nouvelle collection ou un nouveau produit ou par exemple, comme c’est le cas de la star de Tik Tok, Noen Eubanks, en devenant le nouveau visage d’une marque de luxe.
    • La création d’entreprise : beaucoup d’influenceurs développent une communauté forte, dont les liens sont renforcés par l’utilisation d’un jargon spécial, des blagues propres à la communauté ou encore un signe distinctif. Certains utilisent ces symboles représentatifs de la communauté pour créer leurs propres produits dérivés. C’est le cas de Norman, YouTubeur d’humour très connu qui commercialise des coques de téléphone et des mugs.
    • L’édition de livre : tel un rite de passage, l’édition d’un livre est devenue comme une norme pour les influenceurs d’une certaine notoriété. EnjoyPhoenix, Garance Doré, Caroline Receveur, Thibault Geoffray, Roxane, Marie Kondo, Léna Situations, Sissy Mua ont tous publié un livre

Léna Mafouf (Léna Situations de son pseudonyme) fait découvrir à ses abonnés les coulisses de la création de son livre.

Les salaires d’influenceurs enfin dévoilés…

Ce n’est que très récemment que les salaires d’influenceurs furent dévoilés. Effectivement, ceux-ci étaient un sujet très tabou auparavant et les influenceurs restaient toujours flous ou très évasifs lorsque la question leur était posée. L’agence Kolsquare a récemment publié une étude qui lève le rideau sur la rémunération des influenceurs et donne pour la première fois des tarifs précis pratiqués par les agences de marketing d’influence. Cela donne une idée globale des salaires d‘influenceurs en fonction de leur fréquence de partenariat :

les salaires d'influenceurs

Source : Kolsquare, 2020

Nous constatons sans surprise que plus la base d’abonnés est élevée, plus la rémunération l’est aussi. Le réseau social qui rémunère le mieux les influenceurs est YouTube, certainement à cause du niveau de travail que représentent le tournage et le montage d’une vidéo. Instagram arrive en deuxième position sans doute en raison de sa popularité actuelle et de la variété de contenu possible (photo, story, reels, live…).

les salaires d'influenceursPour citer un exemple des sommets atteints, dans une vidéo publiée le 4 juillet 2020, la première influenceuse mode/beauté de France, Marie Lopez (plus connue sous le pseudonyme EnjoyPhoenix) parle ouvertement des cachoteries des YouTubeurs. Elle aborde notamment la rémunération de certains partenariats. Dans cette vidéo, elle avoue avoir touchée 190.000 euros, “pour un partenariat qui a duré très longtemps. […] mais je n’ai pas le droit de dire la marque parce que juridiquement c’est interdit.”  Certaines choses restent donc confidentielles pour des raisons juridiques mais elle est l’une des premières à révéler une somme précise qu’elle a perçu pour un partenariat sur le long terme avec une marque. Cet exemple demeure une exception à la règle qui ne concerne que très peu d’influenceurs mais elle donne tout de même une bonne idée des salaires perçus par les plus grands. 

 

…mais encore insuffisants pour pouvoir vivre de l’influence.

Malheureusement aujourd’hui, les cachets comme celui accordé à EnjoyPhoenix sont rares. Le constat est simple mais bien réel : très peu d’influenceurs arrivent à vivre uniquement de leur activité d’influence sur les réseaux sociaux. 

Seulement 15% des influenceurs vivent de cette activité aujourd’hui (source : étude Reech 2020). Bien que les types de partenariats avec les marques se complexifient et s’allongent dans le temps, augmentant ainsi le cachet attribué à l’influenceur, 30% des influenceurs touchent moins de 1000€ par an (source : étude Reech 2020). 

Nous avons vu précédemment que la majorité des influenceurs français étaient des nano et micro-influenceurs. Or ce type d’influenceurs sont ceux qui sont le moins bien rémunérés et à qui les marques proposent généralement des dotations de produits plutôt qu’une rémunération. 

Aujourd’hui, l’influence n’est donc pas une activité qui rémunère suffisamment pour la majorité des pratiquants. Toutefois, les tendances actuelles laissent imaginer que cela va rapidement le devenir et les conditions financières vont s’améliorer. 

 

Bien que seulement 15% des influenceurs vivent de leur activité aujourd’hui, l’augmentation des investissements des entreprises dans le marketing d’influence et la tendance croissante de la nano et micro influence laissent à penser que la rémunération des influenceurs va se normaliser et augmenter, permettant à un plus grand nombre d’entre eux de vivre de leur activité. Preuve en est qu’en 2018, les micro-influenceurs ont publié 84% des messages sponsorisés et la rémunération moyenne a progressé de 71% en 2019 selon l’agence Reech. L’avenir du métier d’influenceur semble plus serein en ce qui concerne sa rémunération. 

 

SOURCES

Les chiffres du marketing d’influence – Meltwater

Etude Reech 2020 : les influenceurs et les marques

Peut-on vivre du métier d’influenceur – Webmarketing  

TikTok active la monétisation des contenus – Les infos