Dans un contexte de pénurie de talent, la tech apparait comme un secteur d’avenir mais elle peine en matière de parité homme femme. Le terrain de jeu est vaste et progressivement nous assistons à une prise de conscience collective pour des changements profonds. D’ici 2022, ce n’est pas moins 212 000 postes qui seront à pourvoir et des acteurs se sont emparés du sujet et ambitionne d’attirer les femmes vers le secteur de la tech. L’initiative de Femmes@numérique soutenu par le gouvernement et beaucoup d’autres acteurs est un bel exemple de cette volonté de bousculer la réalité! Le changement est culturel et donc structurel. 

Les femmes et la tech : une longue histoire d’amour

L’informatique n’a pas toujours été une affaire d’hommes ! En effet, les femmes ont occupé des places stratégiques avec des compétences informatiques qu’elles seules maîtrisaient en apportant leur lot d’innovation dans le domaine de l’informatique.

Mathématiciennes, informaticiennes, l’une d’elle a même permis à l’homme d’atterrir sur la lune comme Margaret Hamilton !

femmes et tech : pionnières du numériques

Un petit brin d’histoire

Pendant la seconde guerre mondiale, les femmes ont su décoder les messages de l’ennemi nazi, traiter les données astronomiques pour revêtir le nom des dames de la carte du ciel.

D’ailleurs le terme « computer » renvoyaient aux supercalculateurs, fonction majoritairement occupée par des femmes et quand IBM doit baptiser ses appareils en 1955, on lui soumet le mot ordinatrice mais le masculin l’emporte… 

Et puis progressivement, la programmation informatique s’est délibérément transformée en une discipline de haut niveau, scientifique et masculine. Le marketing est aussi partie prenante : les publicités pour promouvoir les capacités des machines sont pensées pour attirer des hommes. C’est ainsi qu’en 1973, le Massachusetts Institute of Technology tient sa 1ère conférence “femme dans la science et la technologie” alors que les femmes sont absentes dans les secteurs hautement qualifiés notamment dans la science et la technologie bien que les femmes représentent 48% des salariés.

Depuis le milieu des années 70, les hommes se sont massivement engagés dans ce secteur et le constat est sans appel : les femmes désertent la profession pour n’être plus que 37% a étudié en science de l’informatique. Les femmes sont très pragmatiques et ont du mal à se sur-vendre. Elles préfèrent se mettre en retrait car elles ne se sentent pas légitimes à relever le défi de la tech ou de l’entrepreneuriat alors qu’il est possible de marquer les esprits par son produit, sa vision mais aussi par sa personne et transformer en atout la position de femme.

Les femmes ont tendance à vouloir tout maitriser avant de se jeter à l’eau or on n’a jamais 100% des compétences suffisantes, on les acquiert justement en développant son projet. Mon seul conseil pour les femmes entrepreneurs est de ne pas avoir peur d’être un peu tête brulée.  Charlotte Cadé, co-fondatrice de Sélancy

Une tech plus inclusive 

Aujourd’hui la diversité est au coeur du monde de l’entreprise et c’est un atout indéniable pour atteindre la performance. C’est la mixité d’une équipe au sens large qui confronte les idées et amène au succès  : les genres, les âges, les cultures, les parcours…

Mais dans les faits, on se heurte a un plafond de verre : les femmes ne progressent pas aussi vite que les hommes et d’autant plus dans le secteur de la tech.

Infographie Femmes et Tech

Infographie Woman in Tech

Les stéréotypes persistent et cela dès le plus jeune âge et s’accroît dans la sphère professionnelle. Souvent les femmes ne sont pas à l’aise avec la technique et d’ailleurs s’orienteront vers du low tech ((fashiontech, foodtech, edtech) alors que la maîtrise des sous jacents technologiques est essentielle , notamment dans l’univers des startup ( analyse de la data, de la performance…).

Des points encourageants sont à noter selon le baromètre StartHer-KPMG 2019 : le montant levé dans la tech par des femmes a augmenté de 68% en 2018 avec un ticket moyen très proche de celui du marché. De plus, on rencontre les entreprises féminines à des tours de financement plus avancés. Néanmoins, avec un bémol car le nombre de projets féminins financés a diminué.

Une école qui favorise l’empowerment des femmes

L’école a un rôle à jouer afin de démystifier la technologie et casser la dichotomie des garçons aux jeux vidéos et les filles vers des métiers plus humains. Le système éducatif ouvre le champs des possibles en développant l’appétence des filles à la technologie grâce aux « sciences numériques et technologie » dispensées maintenant en classe de seconde. Il s’agira d’’appréhender les principaux concepts des sciences numériques, et également de comprendre le poids croissant du numérique et les enjeux sociétaux qui en découlent. Avec cette première approche, les filles se sentiront plus légitimes à poursuivre dans ce cursus car aujourd’hui les étudiantes séduites par les formations au numériques dans les écoles d’ingénieurs ne représentent que 27 % même si les chiffres progressent. À l’aube d’une 4ème révolution industrielle, la maîtrise des compétences numériques permettront aux femmes de prendre confiance en elle pour inverser la tendance et oser !

Femmes et tech : 2 acteurs IT et entrepreneuriat

Des salles de cours jusqu’au cœur des algorithmes, les femmes sont sous représentées et certains acteurs se mobilisent pour une inclusion numérique.

Willa : incubateur et lieu d’innovation et de partage en faveur des femmes

Le 1er accélérateur de la mixité dans la tech et spécialiste de l’entrepreneuriat féminin accompagne les “willers”, des femmes et des hommes, acteurs de l’innovation inclusive au sein de l’écosystème tech. Une idée, un projet ou besoin de soutien pour développer une startup, Willa est un vrai soutien aux femmes souhaitant se lancer dans l’aventure entrepreneuriale : boot camp, programmes d’incubation, d’accélération, d’accompagnement, d’intrapreneuriat. Ce qui fait sa force c’est également une communauté d’ experts et de mentors, toutes compétences confondues (juridique, marketing, méthode agile..) qui partage son expérience , ses connaissances et même son réseau. De plus, les startup se voient aussi offrir la possibilité d’être hébergées directement au sein de l’incubateur ou dans un lieu de co-working.

Ada Tech School : casser les codes “Nerds” pour les femmes

Une école d’un nouveau genre qui vient de voir le jour en septembre 2019 chez The Family. Parce que les recruteurs recherchent des compétences tech et ont une vraie volonté de féminiser les équipes,  Chloé Hermary, CEO et son associée Emmanuelle Oudéa ont créé une école Montessori de la tech pensée pour les femmes mais pas que…les hommes sont bien sûr les bienvenus! On y apprend les compétences du 21ème siècle : savoir travailler en mode collaboratif sur un projet avec une orientation produit.

Le code est un outil social pour créer, très proche de la création en entreprise. On code avec les autres, pour les autres, et in fine notre code peut être même repris par les autres”, affirme son responsable pédagogique Yannick François développeur affichant 20 ans d’expérience et pédagogue du code passé par Simplon. 

Il est nécessaire de casser les schémas traditionnels car les femmes ont une vraie place à jouer sur le terrain technique ou de la communication. Les femmes , accompagnées par les hommes, disposent de tous les leviers pour incarner un leadership plus inclusif et collaboratif ! Elles s’imposent progressivement grâce à de nombreuses initiatives prônant la mixité. C’est ainsi que des entrepreneurs humanistes, des acteurs du numérique, des médias, de l’éducation, de la politique ont rejoint #JamaisSansElles pour qu’aucune table ronde ne soit organisée sans une femme!

Sources :

http://starther.org/starther-devoile-son-barometre-starther-kpmg-2019-sur-les-levees-de-fonds-de-start-tech-dirigees-par-des-femmes/

https://wydden.com/femmes-et-startup-lecosysteme-taime/

https://ada-school.com/

https://edgarpeople.com/journee-de-la-femme-digitale/

Et pour aller plus loin :

https://mbamci.com/apprendre-codage-revolution-numerique/