Les différents modes du Vote Digital

 

A l’heure de la transformation digitale de notre vie quotidienne, il reste un domaine quelque peu réfractaire à cette tendance :

le Vote Digital.

Que doit-on inclure dans cette notion de Vote Digital, ou plus généralement qualifié de vote électronique ?

Le vote électronique est un terme global, regroupant différentes technologies ou outils possibles tels que:

  1. Internet
  2. Machines à voter
  3. Téléphone avec serveur vocal
  4. SMS
  5. Boitiers spécifiques type « jeu télévisé »

Nous voyons à la lecture de cette liste, que ces différentes méthodes peuvent être regroupées en deux catégories:

Avec ou Sans déplacement de la personne au bureau de vote.

Avantages et inconvénients des modes de votes digitaux

 

Vote Digital: Avantages et Inconvénients

Vote Digital: Avantages et Inconvénients

 

Avantages

Accessibilité,Participation,Consolidation des résultats, Coût global, Moins de procurations

Inconvénients

Coût de la formation, Cyber attaque, Coercition (pression sur l’électeur), Pas de « moment » civique social, Confidentialité

Au delà des coûts ou de la participation, le vote est un pilier de nos démocraties et doit garantir une sécurité absolue face à toute cybermenace dans un contexte géopolitique tendu, ainsi qu’inspirer une confiance totale à l’ensemble des concitoyens.

En 2010, le groupe Dialogue transatlantique Europe Canada a réalisé un rapport présentant une analyse comparative des différents modes technologiques de vote, et détaillant les avantages et les inconvénients de chaque option.

Analyse comparative du Vote Digital

Expériences de vote digital dans le monde

 

Certains pays ont expérimenté les différentes solutions digitales pour voter, tels que les Etats Unis, l’Australie, l’Autriche, le Canada, les Pays-Bas, la Suisse, la Belgique, le Brésil, l’Allemagne, l’Inde, la Norvège, le Portugal, le Royaume-Uni et la France. Aux Etats Unis, des machines à voter sont utilisées depuis plusieurs années. En revanche, la situation en Europe est tout à fait différente. En 2008, les Pays-Bas ont renoncé. En 2009, en Allemagne,  la Cour Constitutionnelle a jugé le vote électronique contraire à la constitution, car il ne permet pas aux électeurs de contrôler ni le déroulement, ni de vérifier les résultats. En 2012, l’Irlande a abandonné pour des raisons de sécurité insuffisante avec le risque de fraude dans le décompte des votes. En Belgique, le Parlement Wallon a stoppé l’expérimentation en 2015.

D’autres pays ont une approche fort différente. Si vous voulez tout savoir sur l’avant-gardisme de l’Estonie, ne manquez pas cette video de moins de 2 mn:

Video Vote Digital

En France, un rapport sénatorial de 2014, rédigé par Alain Anziani et Antoine Lefèvre ne présente pas un grand enthousiasme sur le sujet.

Rapport Sénat Vote Digital

Un élément non intuitif souligne les aspects onéreux en terme d’investissement pour les petites communes, pour l’achat des machines situées en bureau de vote, ainsi que la problématique des zones blanches ne disposant pas de réseau dans le cas d’un vote par internet.

Plus récemment, la suspension du vote digital pour les Français installés à l’étranger a suscité beaucoup d’émoi. En effet dans certains pays, les bureaux de vote se font rares. Il faut alors se déplacer ou donner sa procuration à une personne de confiance inscrite sur la même liste électorale. Cependant, pour des raisons de sécurité informatique, le Ministère des Affaires Etrangères a suspendu cette possibilité le 6 Mars 2017.

Vote Digital Francais de l’Etranger

On peut donc dire que le vote digital bien que présentant de potentiels avantages ne suscite pas un déploiement spectaculaire, principalement pour des raisons de cybersécurité. Le vote est un pilier de la démocratie et ne saurait tolérer la moindre suspicion de fraude, de malversation, d’influence ou de toute autre forme de cyberattaques.

Conclusion

 

Il y a en France, à ce jour, pour les élections présidentielles et législatives à venir que deux solutions pour voter: se rendre à son bureau de vote muni des documents nécessaires ou avoir fait la demande d’une procuration en temps utile, et s’assurer que la personne à qui l’on a donné sa confiance, se rendra au bureau de vote.

Il reste donc en France et dans de nombreux pays, une  perspective d’avenir pour une innovation technologique permettant le vote digital tout en assurant une cybersécurité absolue.

Demain, dimanche 7 mai 2017, vous aurez donc le plaisir d’aller voter sur petits bulletins.

L’ère du smartvote n’est pas encore arrivée.