La DSI Moteur de Transformation Digitale des Entreprises

La transformation digitale des entreprises est au centre de l’actualité économique en France et dans le monde. Les nouveaux acteurs sur les marchés ont compris et intégré l’importance de l’agilité, de l’innovation et de la nécessité du changement permanent.
Mais qu’en est il des autres entreprises? Celles qui doivent apprendre à se transformer et à changer pour ne pas disparaître.
J’ai rencontré Mokhtar BEN BELGACEM, Directeur des Systèmes d’Information de Bpifrance qui a accepté de me parler du rôle de la DSI dans la transformation digitale de son entreprise et des projets engrangés pour assurer la réussite de ce changement primordial.

 

Pouvez vous me parler de votre parcours avant d’arriver à Bpifrance?

 

photo mokhtar ben belgacem dsi bpifrance

J’ai commencé à travailler en 1998 dans le domaine des Télécoms chez Capgemini Télécom puis Bouygues Télécom et enfin Kertel startup du groupe anciennement appelé  Pinault Printemps Redoute.
J’ai par la suite été contacté par un cabinet pour un poste de DSI adjoint pour Sofaris (filiale en charge de la gestion des garanties de la BDPME qui deviendra BPI France).

Pour la petite anecdote, pour mon premier rendez vous avec Michel Mollard à l’époque Directeur Général Adjoint de Sofaris, je me suis trompé d’adresse pensant que mon rendez vous devait avoir lieu au 27 Avenue du Général Leclerc à Paris et non à Maison Alfort!

Je suis donc arrivé avec 30 minutes de retard mais Michel ne m’en a pas tenu rigueur et le rendez vous s’est très bien passé. Ce qui présageait déjà de la bienveillance de l’entreprise.

D’une formation généraliste, on m’a laissé le temps de monter en compétences afin de participer à l’époque à la refonte de la DSI de Sofaris. J’y ai tout de suite retrouvé l’esprit startup que j’avais connu chez Kertel et même plus un « Esprit BPI » qui n’a pas d’égal en France.

 

Quel est la place de la DSI aujourd’hui au sein de Bpifrance?

 

La DSI est au cœur de Bpifrance je le dis comme je le pense, et nous ne sommes pas la seule DSI à être au cœur de l’entreprise. Toute les bonnes entreprises, notamment dans le monde bancaire positionnent leur DSI au centre de leur activité. Pour une raison principale, grâce à la transformation digitale, les entreprises deviennent de plus en plus technologiques. Il y a un changement radical de positionnement entre les DSI d’y il y a quelques années où on avait des équipes plutôt au service des métiers sur uniquement la partie technique. Maintenant les DSI sont positionnées sur des enjeux très business, ce qui est très important.

Aujourd’hui nous sommes complètement intégrés dans la réflexion business. On ne peut plus se contenter d’un rôle client/fournisseur et répondre à une expression de besoin métiers tel quel sans réfléchir. Bpifrance implémente des directives afin que l’IT puisse apporter une vraie valeur à l’entreprise.

Nous sommes 165 collaborateurs (750 prestataires) et nous servons tous les besoins de l’entreprise. Malgré notre taille (nous sommes moins de 3 000 personnes), nous avons quand même un panel  d’activités et de produits très riches. Cela se traduit par une richesse au niveau des systèmes d’information qui est juste incroyable.

 

Quels sont les projets actuels de la DSI?

 

Exploiter la data, travailler de manière agile et le cloud

Nous travaillons « notre usine » (le système d’information) pour la moderniser. C’est le trésor de l’entreprise et un travail colossal est fait par les équipes.

Nous nous transformons avec des enjeux liés à l’agilité. L’objectif étant de se diriger vers une exploitation des données agile (des données de qualité, partagées et compréhensibles pour toute l’entreprise). La data est le centre du système d’information et c’est au centre des préoccupations de l’entreprise dans sa globalité.

L’autre enjeu est comment travailler de manière agile avec les métiers.

On casse les murs

L’idée serait d’avoir une seule et même équipe IT de A à Z et non plusieurs équipes. Une équipe qui soit complètement intégrée dans les différents métiers de l’entreprise. Nous souhaitons casser les murs entre le Business et l’IT, en terme de compétences et de relais de responsabilité sur les projets. Il ne doit pas avoir de différence entre les équipes métiers et les équipes fonctionnelles DSI. C’est une seule équipe, qui a un seul objectif: réussir à apporter de la valeur pour Bpifrance.
Nous travaillons aussi sur l’automatisation et l’agilité de nos process. Notamment de ce qu’on appelle les chaînes « devops » (le monde du développement logiciel et le monde de l’administration système). Dans les DSI il y a toujours un mur entre ces deux mondes là. Ils ne fonctionnent pas au même rythme et n’ont pas les mêmes process. L’objectif est d’avoir une chaîne continue de la conception à l’exploitation, à la hauteur des attentes de nos clients.

Le troisième sujet pour nous c’est le cloud qui est essentiel car il nous permet d’avoir de l’agilité sur la partie infrastructure. L’idée est de faire en sorte que toutes ces technologies/services qui sont aujourd’hui disponibles et matures soient utilisées au profit de nos clients et de notre business. Nous ne sommes pas là pour reproduire à l’identique des technologies qui ont déjà fait leur preuve à l’extérieur et nous ne saurons jamais le faire. Nous sommes là et nous jouerons de plus en plus ce rôle, pour agréger des services qui sont proposés sur le marché par les acteurs de l’écosystème (startups, éditeurs de logiciel, les gros acteurs du cloud) au profit de Bpifrance et ses clients.

C’est un rôle complètement différent que nous sommes en train de jouer. Une DSI qui s’ouvre sur l’extérieur et qui devient orchestratrice des meilleures solutions disponibles. Tout ceci représente le plan de transformation qui a commencé en 2018 et qui avance bien.

 

Quelles sont les processus de mise en place des projets de la DSI?

 

Il y a un pré requis chez nous qui est très important, c’est le sponsoring de la Direction Générale.
Nicolas Dufourcq, Arnaud Caudoux, les membres du COMEX et tous les patrons métiers ont aujourd’hui un niveau de maturité par rapport à la problématique de l’IT qui est juste exceptionnel. Nous avons une chance inouïe d’avoir cette maturité là chez Bpifrance. Elle est particulière pour une raison simple, tous ces membres de manière générale baignent dans le monde de la Tech tous les jours. Ils voient ce qui se passe, ils sont très conscients de l’opportunité derrière la technologie. Nous sommes réellement soutenus et nous avons leur confiance.

Cela se traduit par une interaction beaucoup plus forte aujourd’hui entre la DSI et la DG. La DSI est beaucoup plus présente et sollicitée régulièrement pour intervenir. C’est un dialogue permanent et une responsabilité plus importante donnée aux équipes IT. Ce soutien et ce suivi sont nécessaires et nous en avons besoin pour transformer l’IT.

 

Comment parvenez vous à attirer les nouveaux talents dans le domaine de l’informatique nouvelle génération?

 

C’est une grosse question, qui aujourd’hui se pose à toutes les DSI. Je suis en interaction quasi permanente avec d’autres DSI et tous, nous nous retrouvons confrontés à cette problématique: Attirer des nouvelles compétences dans un monde où nous avons de plus en plus de difficulté à attirer et fidéliser les talents.

Nous misons beaucoup sur notre plan de transformation. Nous ne sommes pas la seule DSI qui se transforme mais je pense que nous faisons partie des rares DSI à lancer autant de chantiers de modernisation  et de transformation.

Nous travaillons beaucoup sur ce que moi j’appelle modestement le bien être au travail: le savoir être et la capacité à travailler ensemble. Nous cassons les silos et nous allons jusqu’à réfléchir sur la mise en place d’espaces de coworking et de projet. Il y a un gros programme qui est lancé cette année avec le soutien de la DG, la Direction des Moyens Généraux et de la DRH pour faire en sorte que nous ayons un aménagement différent de nos espaces de travail. L’objectif est d’avoir aussi des locaux et un environnement qui attirent les nouveaux talents.

Ce sont donc plusieurs actions qui sont lancées pour attirer au mieux les talents. Les talents qui sont la seule richesse de la DSI.

 

Nous avons tous pu observer un changement dans la communication de Bpifrance, il y a maintenant quelques années. Qu’en pensez-vous?

 

Patrice Bégay avec Nicolas Dufourcq ont créé ce virage qui est réellement incroyable. Je n’en pense que du bien et cela NOUS fait du bien. Cela donne une note de modernité à cette banque publique. Nous avons créé cette espèce d’entreprise, qui n’a pas d’équivalent pour moi. Une créature qui est à la fois banque, startup, fintech et « boîte de com ». Le réseau social des entrepreneurs comme l’appelle Nicolas Dufourcq.

Nous mettons beaucoup de moyens et d’énergie pas uniquement dans la dimension activité bancaire (je délivre le produit financier à mes clients) mais aussi dans la capacité à les animer, à les réunir, à lier ensemble. Tous cela passe par une action de communication qui a été lancé par Patrice et qui pour moi et juste incroyable.

Cela fait 18 ans que je suis là et nous n’avons jamais vécu ça. Ce sont des beaux moments. Et ça contribue aussi à attirer les talents comme nous en avons parlé précédemment.

 

Et votre regard de DSI sur la transformation digitale?

 

Je suis plutôt de nature optimiste et je ne vais pas changer ce matin! Je suis certain que les apports de la transformation digitale et technologique qui vont s’accélérer encore dans les années qui viennent, vont apporter énormément de valeur pour les particuliers (ce qui est déjà le cas) et beaucoup pour les entreprises.

Je réfléchis avec les équipes au cloud et j’en parle avec des entreprises autour de moi. Notamment des cabinets de conseil qui me disent qu’ils n’arrivent plus à suivre et à rivaliser avec les catalogues de services proposés, par exemple par Amazon. Et là nous parlons d’un seul acteur. Imaginez demain cette puissance multipliée par mille! On ne pourra pas.

Demain, il y aura tellement de possibilités en terme de solution. La première des questions qui sera posée ce n’est plus: « voici mon besoin et il faut que je trouve une solution » mais plutôt « dans le catalogue de tous ce qui est proposé sur le marché, qu’est ce que je peux composer pour faire un nouveau produit, adapter mes produits actuels ou répondre aux besoins de mes clients ».

Je n’attends pas que le business réfléchisse dans son coin et ensuite j’imagine la solution, non je suis capable tout de suite de composer un certain nombre de solutions pour offrir de nouveaux services à mes clients et à mes métiers.

Mais pour que cela se fasse il faut que l’IT et les différentes lignes de métiers de l’entreprise ne fassent qu’un seul bloc.

C’est une opportunité incroyable pour l’entreprise, il faut juste prendre en conscience que le changement doit être piloté parce qu’il touche avant tout les gens. A l’avenir, la transformation ne sera plus axée sur la technologie mais sur l’humain. Il faut donc écouter ses collaborateurs et les accompagner dans la transformation de l’entreprise.

Aujourd’hui chez Bpifrance et pour moi-même c’est la première des priorités.

Par |2019-03-20T09:17:31+02:00mercredi, 20 mars, 2019|Catégories : E-commerce|

À propos de l'auteur :

MBAMCI 2019 Expérimentée en Management de Projet, Entrepreneuriat et dans le Conseil. Spécialisée en Marketing Digital. Ex Entrepreneure @ Le Pari(s) Urbain. Intéressée par l'innovation, la transformation digitale et l'écosystème startup. Passionnée d'Art Urbain.

Un commentaire

  1. Decme 20 mars 2019 à 13 h 48 min - Répondre

    Cet article donne à voir que la digitalisation apporte à la DSI plus de facilité pour s’affirmer comme un centre de création de valeur pour l’entreprise. Cependant les choses restent floues en ce qui concerne l’évaluation des actions menées et leur niveau de valorisation.

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