On parle souvent d’Israël comme d’une startup nation, encore appelée Silicon wadi. En témoigne encore récemment lors du CES de Las Vegas, la venue de 15 startups et cinquante entreprises israéliennes, soit la seconde plus importante délégation étrangère à avoir fait le voyage après la France. Nombre d’entre elles proviennent du Technion.
Le 5 décembre dernier, j’ai découvert le Technion France, lors de leur grande journée scientifique annuelle sous le thème « Vers un Monde d’Intelligence Connectée ».

Pour en savoir plus après cette journée, j’ai souhaité rencontrer Muriel Touaty sa Directrice Générale pour l’interviewer. Je la remercie vivement de m’avoir raconté l’histoire du Technion et fait découvrir ses activités en Israël, en France et de par le monde.

 

L’histoire du Technion :

 

C’est la première université israélienne, fondée en 1912 dans l’idée de bâtir cette nation en devenir, créer son infrastructure, son génie civil, son urbanisme, sa santé, sa sécurité, et donc de créer une école d’ingénieurs.

Le père fondateur du Technion, c’est Albert Einstein comme en témoigne la photo ci-dessous où il est accompagné en 1924 de la première promotion qui comptait 17 étudiants.

Einstein et des étudiants au Technion

Einstein au Technion

Aujourd’hui le Technion est basé sur les hauteurs du Mont Carmel proche de Haïfa dans le Nord du pays, ainsi qu’à New York Cornwell University et en Chine suite à des appels d’offre remportés.

 

infographie du Technion

Le Technion en quelques chiffres

L’activité et la philosophie du Technion France :

 

Muriel Touaty, dotée d’une double culture franco-israélienne, a lancé le Technion France il y a 12 ans. Ses missions principales :

  • Créer des partenariats de R&D entre grands groupes français, écoles ou universités prestigieuses (comme Polytechnique, l’Institut Mines Télécom) pour des collaborations sur des sujets d’intérêts communs : énergie, eau, santé, IT et big data.
  • Positionner le Technion en tant qu’écosystem qui bascule de la recherche fondamentale à la recherche appliquée puis à la valorisation c’est-à-dire jusqu’à la création de startups.
  • Générer des échanges étudiants et professeurs (stages, learning expeditions, semestres d’immersion) entre les 2 pays pour que les deux cultures d’innovation puissent s’inspirer respectivement.

« Le Technion c’est aussi une dimension humaniste, œcuménique, d’excellence et surtout de diversité réussie ce qui est extrêmement important »

« Vers un monde d’intelligence connectée », laissez-moi revenir à la journée du Technion France sur ce thème et organisée en 2 parties :

  • 3 tables rondes : la santé connectée et la beauté connectée, technologies smart : les enjeux de la cité connectée, tous connectés ? L’homme, la robotique et l’intelligence artificielle. Des intervenants universitaires, chercheurs, dirigeants de startups ou de grandes sociétés françaises (Havas, Orange Healthcare, Havas, Google, Orange, L’Oréal, Dassault Systèmes, Inserm, CNRS) sont venus apporter leur éclairage sur ces sujets.
  • Le « Connected Lab », showroom interactif expérimental à taille humaine durant lequel de jeunes pousses ou des sociétés plus matures sont venues présenter leur projet ou innovation tournées vers l’humain devant un public avisé et susceptible de les accompagner.

J’ai découvert beaucoup d’innovations passionnantes dans différents domaines mais toujours tournées vers l’humain :

ReWalk Robotics conçoit, développe et commercialise des exosquelettes permettant aux personnes en fauteuil roulant de se tenir debout et de marcher à nouveau.

 

Technion France

ReWalk Robotics

Orange Healthcare : son CEO, Elie Lobel, nous a présenté un « Cloud Santé » qui conserve et traite les données d’un million de patients. Les données de mobilité concernent 250 millions d’utilisateurs «grand public». Après anonymisation, en croisant ces données de transport et celles de santé publique on parvient à des résultats très utiles en matière d’épidémiologie : en Côte d’Ivoire et au Sénégal, on travaille sur la modélisation des trajets de propagation du paludisme.

Digisense enregistre en continu les paramètres vitaux des jeunes enfants grâce à une bande fixée par velcro sur sa couche. Couche mouillée, irritation de la peau, température corporelle, mouvements du bébé et rythme cardiaque, voilà quelques données que cette application envoie en temps réel. Et une alerte se déclenche quand l’un des paramètres s’emballe.

MyBrain Technologies a créé le casque Melomind relié une application connectée qui exploitent des données encéphalographiques et est relié par téléphone à une plate-forme d’aide à la relaxation pour lutter contre le stress.

Poietis & Inserm envisage la bio-impression en 3D de tissus biologiques (peau, follicules pileux, foie) cellule par cellule avec une résolution de quelques microns. Les premiers essais cliniques sont envisageables à 5 à 7 ans. Imaginez toutes les applications possibles !

Artys 360 propose une solution pour gérer le problème croissant des drones dans le trafic aérien afin d’éviter tout incident futur. Elle développe un petit radar électronique 3D qui permettra la détection de ces plates-formes sans pilote. Ce radar léger a une faible consommation d’énergie, une portée de 400 mètres et fonctionne par balayage vertical et horizontal. Une utilisation potentielle est de détecter la congestion du trafic routier pour mieux le réguler. Il est potentiellement utile aussi dans la lutte contre la contrebande de drogue par drone et pour prévenir les incidents aériens.

Technion : Radars détecteurs de drones

Artys 360

2Breathe a développé un inducteur de sommeil sous la forme d’une ceinture Bluetooth aidant à l’endormissement en analysant les mouvements respiratoires de l’utilisateur. L’entreprise a reçu un Innovation Awards.

Deux autres innovations majeures issues du Technion :

 

Mobileye s’est illustrée au CES et vient de se faire racheter par Intel pour plus de 15 milliards de dollars : elle développe des systèmes anticollisions et d’assistance à la conduite de véhicules. Elle poursuit son ascension dans le monde de la voiture autonome : elle a passé un contrat avec Volkswagen en 2016 et avec BMW en 2017. Mobileye a également conçu un système de détection de l’angle mort des autobus et poids lourds en milieu urbain : Le Mobileye Shield+. Des caméras intelligentes placées autour du véhicule alertent le conducteur de collisions imminentes avec des piétons ou des deux-roues via des écrans.

 

Na Nose : Hossam Haick, professeur au Technion et directeur d’un laboratoire de recherche sur les nanomatériaux est spécialisé dans la technologie du nez électronique. Celle-ci permet de détecter certains types de cancers de façon précoce via un simple test d’haleine avec un appareil de la taille d’un éthylomètre portable.

Au regard de ces derniers exemples, les propos de Muriel Touaty prennent tout leur sens :

« L’innovation et le progrès sont des valeurs majeures pour pouvoir faire avancer la société vers le haut, pour générer du progrès pour tous et partagé par tous. »

En savoir plus

 

Prenons donc date dès maintenant pour la prochaine journée du Technion France le 22 décembre pour découvrir de nouvelles innovations dans le domaine de la sécurité, des objets connectés, de l’IAl, de la foodtech et de la medtech mais aussi des réseaux télécoms et de la 5G.