Imaginez la livraison du futur en zone urbaine : vous voyez probablement un drone dans le ciel en train de transporter un colis en évitant de nombreux obstacles (immeubles, panneaux…). A l’instar du PDG d’Amazon, Jeff Bezos, je pense que ce n’est pas par les airs que les drônes viendront vous livrer prochainement mais plutôt par voie terrestre grâce aux robots de Starship.

Fonctionnement de Starship

Starship Technologies a développé un robot conçu par des équipes basées entre l’Estonie (pays d’origine), la Finlande et le Royaume-Uni visant à révolutionner la livraison du dernier kilomètre. En effet ce robot autonome urbain est capable de rouler sur les trottoirs pouvant être très fréquentés en adaptant sa vitesse à la présence de piétons.

Les marchés visés sont la livraison de colis, de courses et de restauration à emporter avec pour objectif un coût 10 à 15 fois moins cher que le coût standard actuel.

Starship possède 6 roues, un microphone, un haut-parleur, 9 caméras, un GPS et des capteurs à ultra-sons afin de sécuriser la navigation du robot en zone urbaine.

D’environ 50 cm, il pèse 20 kg et roule jusqu’à 6 km/h. Le robot reçoit l’ordre d’aller chercher sa commande qui peut peser jusqu’à 18 kg. Une fois celle-ci récupérée, il se dirige vers le lieu de livraison, dans un rayon de 3 km et livre dans un délai de 15 à 30 minutes.

Le trajet du robot est suivi aussi bien par le vendeur que par le client grâce à une application disponible sur smartphone.

En cas de danger Starship dispose de freins d’urgence et d’un mode manuel qui permet à un opérateur de prendre le contrôle des commandes, de voir à travers les yeux du robot et même d’interagir avec les piétons. Et comme il fonctionne sur batterie, son empreinte environnementale est quasiment nulle.

Starship se vante de la performance de sa technologie : un système de sécurité efficace, un bilan écologique éclatant et des économies inégalables. En effet seul le destinataire peut ouvrir le récipient à l’aide de son smartphone. Ajoutez à cela qu’un seul et même employé pourra désormais gérer plusieurs livraisons à la foi, les coûts diminueront pour les entreprises.

Si les véhicules du futur navigueront de manière autonome, la société Starship prévoit de les faire surveiller en permanence par un centre de contrôle, bien qu’elle revendique n’avoir jamais eu ou causé d’accident malgré les 400 000 piétons rencontrés et 10 000 kilomètres déjà parcourus.

 

 

Le développement économique

Starship Technologies multiplie les tests de robots de livraison aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Suisse et en Estonie avec des partenaires variés :

  • Le distributeur de services de livraison de repas Just Eat en Grande-Bretagne, Wolt en Estonie et Doordash en Californie.
  • La chaîne de magasins allemand Media Markt spécialisée dans l’électronique et l’électro-ménager grand public, numéro 1 en Europe.
  • Le grossiste pour professionnels Metro Group.
  • Les transporteurs de colis comme l’Allemand Hermes ou encore Postmates à Washington pour la livraison de proximité et Swiss Post.
  • Des livreurs et des coursiers comme Pronto ou Postmaster.

Du côté des livreurs partenaires, tous ont communiqué leur enthousiasme pour cette solution nouvelle génération qui « contribuera à rendre l’accès à la nourriture de qualité, abordable, rapide et beaucoup plus facile » a pour sa part précisé James Roy Poulter, CEO de Pronto. L’entreprise qui conçoit les petits robots s’est aussi associée à Postmates et DoorDash. La première est une entreprise de coursiers, la seconde se spécialise exclusivement dans la livraison de nourriture. Pour un projet pilote de livraison à Washington et à Redwood City, en Californie., les deux entreprises ne livreront que de la nourriture avec 70 unités pour ses tests.

Starship travaillait déjà avec la division utilitaires de Mercedes pour mettre au point un système de livraison connecté pour la logistique du dernier kilomètre. L’idée d’associer des camionnettes autonomes, des drones et robots de livraison a été synthétisée dans le concept Vision Van présenté en 2016.

 

Starship Domino's

 

Une récente annonce a été publié sur le partenariat avec la société Domino’s Pizza pour la livraison des pizzas aux clients allemands et néerlandais.

Pour encadrer ce projet un département dédié a vu le jour DRU (Domino’s Robotic unit) et l’ambition est de proposer la livraison par les robots Starship à 2000 points de vente.

 

Domino’s Pizza propose un moyen innovant de livrer ses pizzas à des clients situés dans un rayon de deux kilomètres des magasins Domino’s afin de répondre à ses projets d’expansion. « Au regard de nos prévisions de croissance sur les 5 à 10 prochaines années, nous n’aurons tout simplement pas assez de livreurs si nous ne cherchons pas à enrichir notre flotte au travers d’initiatives comme celles-ci » a déclaré le directeur général de Domino’s Pizza.

 

La société Starship Technologies a récemment levé 17,2 millions de dollars pour son développement avec des investisseurs comme Shasta Ventures ou Matrix Partners mais aussi avec le groupe Daimler (propriétaire de Mercedes) qui veut clairement se positionner aussi sur ce marché de la livraison du dernier kilomètre.

Prochaines étapes pour Starship

Ahti Heinla, le fondateur, a déclaré « Notre vision s’appuie sur trois zéros, dit-il, zéro coût, zéro temps d’attente, zéro impact environnemental. Nous voulons faire à la livraison de proximité ce que Skype a fait aux télécommunications.»

 

Allan Martinson, COO de Starship, a ajouté « Nous sommes certains de rencontrer des défis au cour de ce voyage, mais nous continuerons à redéfinir ce qu’est le service client, tout en rendant l’industrie du dernier kilomètre beaucoup plus rentable pour un grand nombre d’entreprises ».

Le directeur marketing de Starship Technologies Henry Harris-Burland explique que les obstacles juridiques pour le développement de légions de robots roulants sont nettement inférieurs à ceux pour la mise en place d’une escadrille de drones comme vise Amazon. Aujourd’hui, ce sont toujours des tests et avec un nombre de robots restreints, mais dès 2018, la phase de commercialisation pourrait démarrer… Le phénomène prendrait rapidement de l’ampleur. Les camions de livraisons laisseront la place aux robots. La livraison du dernier kilomètre effectué par des humains va tendre à disparaître.

Le marché du dernier kilomètre est colossal. En France, cela correspond à 20% du trafic, 25% des émissions de CO2 et 30% du coût total de la livraison. En 2013, c’est plus de 780 millions de colis qui ont été livrés. Nous devrions donc bientôt voir ses robots sur les trottoirs français.

 

 

Les ambitions de Starship sont donc infinies à l’image de ce tweet :