Apprendre le code : Coder ou ne pas coder, telle est la question !

Lorsque j’avais à peine 5 ans, j’ai découvert que l’on pouvait apprendre le code grâce à mon frère. A 9 ans, il avait créé un programme d’addition pour le restaurant que j’avais ouvert avec ma dinette. En quelques heures, il était devenu pour moi un héro, un être capable de maîtriser notre Atari. Il possédait les clés d’un nouveau monde que je ne pouvais qu’à peine deviner du bout de mes crayons de couleur.

Au-delà de cette anecdote, les derniers mois passés à découvrir le numérique au jour le jour m’ont poussée à me rendre compte de façon encore plus vive à quel point le digital est enraciné dans notre quotidien pour le meilleur… et parfois pour le pire. Chaque jour a été fait de découvertes, d’apprentissage et de questionnement quant à cette spirale du digital dans laquelle nous nous engouffrons. Certains y voient la décadence de la société, d’autres l’interconnexion et l’échange en temps réel. Certains y voient une perte de nos repères, d’autres l’avènement d’une société qui place l’utilisateur au centre de tout.

Bart puni car il a écrit du mauvais code

Le code fait partie de notre quotidien… (Source : omundy.wordpress.com)

Mais pourquoi ne pas tout simplement tirer le meilleur parti du digital en comprenant son fonctionnement et son langage pour en devenir un acteur à part entière ? C’est en tout cas la conclusion qui a poussé certaines start-ups comme Coding Days, à développer des formations innovantes au code visant une acculturation plutôt que la création d’experts. Tout comme cette start-up, j’aime à penser qu’il existe une culture digitale à l’instar d’une culture grecque ou anglo-saxonne. Et dans ce cas, quoi de mieux que d’apprendre à parler la langue de cette culture (même quelques bribes) pour la comprendre et l’appréhender?

 

Ecran de code

 

Nous en arrivons donc au cœur de mon article : le code. Le code est-il réservé aux ingénieurs ou au stéréotype du geek que nous avons tous dans notre inconscient ? Certainement pas et il existe de nombreuses méthodes pour l’apprendre. Si vous êtes prêts à les découvrir, je vais tenter de vous guider à travers la jungle des formations au code.

 

Apprendre le code aux enfants : la vraie bonne idée

Le code et ses enjeux de plus en plus prégnants

Apprendre le code aux enfants et même à l’école est un sujet de questionnement grandissant  en France même s’il ne date pas d’hier. En 1985 déjà, le premier ministre Laurent Fabius lançait le slogan « L’informatique pour tous » et souhaitait mettre en place des cours d’informatique au collège. L’initiative n’a pas vraiment été couronnée de succès, probablement lancée un peu tôt auprès d’un professorat encore peu familiarisé avec le numérique. Aujourd’hui pourtant, le digital est partout et il est de notre devoir d’adulte de responsabiliser les enfants et même de leur donner les clés de ce nouveau monde.

Cette vidéo de code.org « What most schools don’t teach » est probablement plus parlante que 1000 mots grâce aux témoignages de ceux qui ont réussi, grâce au code mais pas seulement ! Bill Gates, Mark Zuckerberg mais aussi de nombreux artistes ou sportifs à découvrir sans plus tarder :

Pourquoi apprendre le code aux enfants ?

Initiation au code pour des écoliers

Les enfants doivent-ils apprendre le code ? (Source : Euronews)

Dire que le code doit être appris aux enfants français n’est pas simplement la résultante d’un chauvinisme exacerbé pour faire en sorte que la prochaine réussite à la Apple soit française, pas du tout. Il s’agit simplement du constat qu’apprendre le code peut apporter de nombreux éléments essentiels à un enfant du XXIe siècle :

  • faire preuve d’imagination
  • développer sa créativité
  • apprendre une nouvelle logique et un nouveau langage
  • résoudre des problèmes concrets
  • développer son cerveau comme avec l’apprentissage d’une langue étrangère

Mais aussi leur donner des clés qu’ils utiliseront adolescents ou adultes pour :

  • comprendre les bases de la cybersécurité
  • mieux gérer ses données personnelles
  • interagir avec son environnement et non le subir
  • concrétiser ses projets digitaux (comme l’apprentissage de la poésie permet d’exprimer ses émotions)

Si le code n’est pas encore devenu aussi indispensable qu’apprendre à lire ou compter, il est fort à parier que posséder cette corde à son arc sera un élément décisif dans le futur. En effet, si nous souhaitons palier les dérives du numérique, quoi de mieux que de former les futures générations à en devenir les acteurs et non les simples spectateurs passifs ? En leur permettant d’interagir avec les appareils nous leur permettons également d’en contrôler le fonctionnement et la diffusion de leurs données et pas seulement de les utiliser passivement.

« Quand j’explique que Snapchat, ce n’est pas magique, que derrière, il y a des types à l’autre bout du monde qui voient passer les photos, là, les visages des adolescents deviennent livides… » Jean-Marc Bourguigon, hacker qui intervient dans les collèges.

Apprendre le code aux enfants, un enjeu politique et économique

Les pays développés ou en développement ont compris depuis bien longtemps l’enjeu de l’apprentissage du code. Alors qu’en Inde on apprend à programmer dès le plus jeune âge, les pays développés peinent à prendre le virage et à investir concrètement dans le numérique et le code. Et pourtant, les Etats démocratiques et connectés actuels ne peuvent plus faire l’économie de l’apprentissage s’ils souhaitent s’inscrire dans le processus de numérisation de l’économie. La vulnérabilité digitale des Etats est quotidiennement mise en avant avec des affaires de hacking ou d’espionnage et certaines assurances sont d’ailleurs sur le point de faire payer les assurés négligents.

« Le Japon a prévu de former 50 000 agents spécialisés dans la protection des données informatiques, dans la perspective des JO 2022 à Tokyo. »

>Une initiative mondiale de Facebook (Code.org) : An hour of code

A grands renforts de célébrités US, de punchlines efficaces et de musique entraînante, hourofcode.com met en avant l’utilité du code.

Une Heure de Code est un mouvement mondial qui touche plusieurs dizaines de millions d’élèves dans plus de 180 pays. Tout le monde peut organiser un événement Une Heure de Code. Les tutoriels d’une heure sont disponibles dans plus de 40 langues. Que vous ayez ou non de l’expérience. Pour tous, de 4 à 104 ans.

Si le mouvement a l’avantage d’exister et de sensibiliser à l’utilité de l’apprentissage du code, il n’en pose pas moins de nombreuses questions éthiques. En effet, cette initiative est menée par code.org qui appartient à … Facebook ! Au-delà des récents scandales sur la divulgation de données personnelles ou d’utilisation des comptes lors d’élection il se pose évidemment la question de savoir si des enjeux aussi stratégiques que l’apprentissage du code doivent rester entre les mains des géants GAFAM.  Ainsi, les gouvernements répliquent progressivement et tentent également de lancer leurs programmes.

 >Les Etats-Unis : le code comme arme de communication massive

Obama lançant le programme Computer Science for All

Obama « Computer Science for All » (Source : DR)

Les Etats-Unis ont débloqué en 2016 4 milliards de dollars pour financer le plan « Computer Science For All » sur trois ans. Un programme lancé par un plan de communication à la Hollywoodienne avec un Barack Obama arborant fièrement une casquette « Code » pour l’occasion.

A noter toutefois que sa casquette était noire, symbole de « Black Hats » ou hackers de l’ombre en Français. Si Barack souhaitait apprendre le code ce jour là, il n’était visiblement pas au fait de tous les codes existants dans le domaine !

Les comptes twitter d’associations ou d’organisations de codeurs (et codeuses) se sont d’ailleurs multipliés. Permettant de voir l’ampleur de ce phénomène en pleine croissance. Ainsi, le compte @GirlsWhoCodes met régulièrement en avant des parutions pour les enfants et notamment les filles qui souhaitent coder :

> La Commission Européenne et le programme Code Week

Logoe EU Code Week

Logo de la CodeWeek (Source : Codeweek)

Au niveau européen, la Commission Européenne a lancé en 2013 l’initiative Code Week qui vise à organiser des événements autour du code, majoritairement en Europe mais progressivement également dans d’autres pays du monde. Encore une fois, l’idée est de démystifier le code et de faire comprendre qu’il ne s’agit pas uniquement d’un langage de « geek » mais bien d’un enjeu politique, économique et social. Ainsi, en 2016 près d’un million de personnes dans plus de 50 pays ont pris part à la Code Week.

« Europe Code Week is a grassroots initiative which aims to bring coding and digital literacy to everybody in a fun and engaging way. »

 >La France et le code : une histoire d’amour compliquée

Comme nous l’avons vu plus tôt, les gouvernements français se sont posés la question de l’enseignement du code ou tout du moins de l’informatique à l’école depuis 1985. En 2015, François Hollande lançait une concertation nationale sur le numérique à l’école et en 2017, les 15 réformes du numériques prévues par Macron prévoyaient également un volet éducation.

« Une initiation au code au lycée, une éducation civique au collège et une initiation au numérique à l’école » devront être mises en place par le ministère de l’Education nationale, plan du numérique de Macron.

Pourtant, la question de l’enseignement du code est loin d’être simple :

  • Division des experts sur le niveau de technicité et de complexité de l’apprentissage du code pour les enfants
  • Capacité du corps professoral à enseigner une matière dont il n’est pas familier
  • Questionnement de la démocratisation du code et du potentiel chiffrement des données dans un contexte complexe de lutte antiterroriste
  • Dangers du temps passé devant l’écran notamment pour les plus jeunes

Comment apprendre le code aux enfants ?

>Initier les touts petits au code

Des enfants s'initient au code sans écran

Des enfants s’initient au code sans écran avec Cubetto (Source : Manon Walquan)

Il existe de nombreuses initiatives intéressantes et des ateliers en tout genre pour initier les plus petits au code et parfois même sans écran ! Ainsi, Amélia Matar, ancienne directrice marketing du NUMA, s’est inspirée de techniques Montessori pour mettre en place des ateliers d’initiation au code pour les 3-6 ans. Basés sur le jeu, les enfants apprennent par exemple la numérotation binaire et les bases de la robotique avec des robots de bois. Même si les initiatives sont encore peu connues, elles existent et ont le mérite de mettre un coup de pied dans la fourmilière.

« C’est un atelier de découverte du code. Les enfants sont libres d’aller où ils le veulent.  » Amélie Matar, animatrice de l’atelier.

>Et pour les plus grands ?

enfant en stage Magic Makers

Stages Magic Makers (source : MagicMakers)

Pour les plus grands, il existe de nombreux événements dès l’école primaire mais aussi des stages intensifs ou bien encore des applications pour se familiariser avec le code. A noter ici l’initiative Magic Makers de Claude Terosier qui propose des ateliers et des stages, malheureusement surtout en région parisienne (et à Bordeaux).

« En codant, les enfants développent leur logique et structurent leur raisonnement. Ils apprennent à se tromper et à réfléchir avec les autres pour trouver une solution. Apprendre à coder aux enfants, c’est les préparer à l’avenir. »

Voici une petite liste non exhaustive d’applications proposée par app-enfant pour trouver votre bonheur et apprendre le code aux enfants avec plaisir :

Apprendre le code aux adultes : il n’est jamais trop tard !

Vous n’avez pas eu la chance de faire partie de cette génération de mini-codeurs et pourtant vous êtes convaincus qu’il faut apprendre le code ? Ne vous inquiétez pas, il existe toujours des solutions ! Que vous souhaitiez en faire votre métier ou simplement vous initier et comprendre les bases du code, voici quelques pistes et start-ups à suivre. 

Devenir développeur : un métier d’avenir

Apprendre le code Ecole 42

Ecole 42 pour apprendre le code (Source : AFP)

Tout comme mon frère potassait des livres de programmation dès son plus jeune âge, certains codeurs se sont formés en autodidacte. Il existe toutefois de nombreuses formations qui se sont développées récemment et labélisées par la Grande Ecole du Numérique. Il s’agit d’un réseau de plus de 400 formations aux métiers du numérique comme :
  • 3W Academy : 400 heures de cours pour apprendre les 5 langages web (HTML, CSS, JavaScript, PHP et SQL)
  • Le Wagon : pour apprendre à coder son site web et devenir développeur
  • Iron Hack : qui ajoute des notions d’UX et d’UI au web dévelopement
  • Wild Code School : sur 5 mois, à Paris et dans les grandes villes de France
  • École 42 : avec un modèle de peer-to-peer pour apprendre l’informatique
Il existe également des ressources en ligne gratuites qui permettent de commencer à coder tout seul :

Aurélie Jean, créatrice de @insilicoveritas, diplômée du MIT et ex Bloomberg est devenue une codeuse emblématique d’une génération. Elle nous explique en 2 minutes sont ambition et sa vocation :

S’acculturer au code simplement

Si toutefois vous ne désirez pas devenir un développeur hors pair mais simplement mieux comprendre votre interlocuteur un brin geek qui s’amuse à vous parler dans un jargon incompréhensible, il existe une solution !

En effet, Coding Days propose des formations courtes (une journée en général souvent en fin de semaine #codeleweekend) et peu onéreuses pour sur des thèmes tels que l’acculturation au code ou bien encore les enjeux de la sécurité numérique. L’idée n’est donc pas de former de futurs développeurs mais de donner les clés de compréhension grâce à une pédagogie active et inspirée par la méthode Montessori, comme l’explique Alexandre Zana, fondateur de la start-up. Voici une courte introduction aux formations Coding Days et à l’esprit qui les drive au quotidien!

Accessibles aux particuliers, aux entrepreneurs qui souhaitent réaliser leur site web mais aussi aux collaborateurs d’entreprises, les feedbacks sont excellents. Et pour cause ! Les mentors sont charismatiques et enthousiastes, les méthodes simples et efficaces et le résultat toujours à la hauteur des espérances. Des grands groupes bancaires ont récemment sauté le pas et Coding Days s’intéresse désormais à des missions à Londres.

Alors, à quand votre tour ? N’hésitez plus et regardez les prochaines dates disponibles pour vous inscrire.

 

 

A-long-way-to-geek

Prêt à emprunter le chemin du geek qui code ?

J’espère que cet article vous aura donné envie d’apprendre le code ou tout au moins de vous y acculturer pour mieux comprendre nos amis les geeks. J’espère également que ces quelques lignes vous auront apportés des arguments pour envisager l’apprentissage du code par les enfants avec plus d’ouverture.  Alors si vous avec des questions ou des remarques, n’hésitez pas à me contacter car je serais ravie de démarrer un échange sur le sujet !

 

 

Sources :

  • https://www.lexpress.fr/actualite/politique/numerique-les-15-reformes-de-macron_1928518.html
  • https://m.usbeketrica.com/article/on-a-appris-a-coder-sans-ecran-avec-des-enfants-de-3-ans
  • https://m.usbeketrica.com/article/le-gros-tabou-du-code-a-l-ecole
  • https://coding-days.com/enfants-doivent-apprendre-a-coder/
  • https://app-enfant.fr/selection/8-applications-enfant-apprendre-a-programmer/
  • http://www.lemonde.fr/femmes-a-part/article/2017/06/14/claude-terosier-le-code-informatique-permet-a-l-enfant-d-apprendre-a-apprendre_5144120_5102575.html
  • http://fr.euronews.com/2015/02/18/enseigner-le-code-aux-enfants

 

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Par | 2018-04-08T22:14:30+00:00 samedi, 31 mars, 2018|Catégories : Entrepreunariat & Startups, Tech|

À propos de l'auteur :

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