Nightswapping, le Couchsurfing à la Airbnb

Envie de partir en vacances sans vous ruiner? Pour votre prochain séjour, pourquoi ne pas essayer le troc de nuits via Nightswapping? Le principe est simple: vous gagnez des points en accueillant des gens chez vous, qui peuvent être utilisés après pour les échanger contre un logement (gratuit) dans la ville de votre choix. 

“Mais ça n’existait pas déjà, ça?”, penserez vous. Pas tout à fait! Mais commençons par le commencement…

Le CouchSurfing: un concept disruptif mais pas adapté à tous les voyageurs

Couchsurfing.com, l’ancêtre de « l’économie du partage », est un immense réseau social revendiquant aujourd’hui plus de 10 millions de membres avec une promesse alléchante: la possibilité de se loger gratuitement dans le monde entier, de rencontrer les habitants des pays visités et de partager leur quotidien pendant quelques jours.

Les origines du portail remontent à la fin du XXème siècle. En 1999, un jeune américain nommé Casey Fenton décide de partir quelques jours en  Islande. Ne souhaitant pas passer ses vacances enfermé  tout seul dans sa chambre d’hôtel, il envoie un mail à 1500 étudiants islandais leur demandant un hébergement gratuit. Résultat: son audace est payante et il reçoit de nombreuses propositions, bien au-delà de ses espérances.

À son retour, il décide de créer une plateforme pour aider les voyageurs à trouver des logements gratuits partout dans le monde. Le projet Couchsurfing.com naît en 2004 sous la forme d’une association cofondée par Daniel Hoffer, Sebastian Le Tuan et Leonardo Bassani da Silveir. L’aventure ne fait que commencer…

En Août 2011, Couchsurfing abandonne le modèle non lucratif pour se professionnaliser: la structure devient une entreprise classique et réalise un tour de table de 7,6 millions de dollars auprès d’investisseurs privés.

Une démarche fortement remise en question par la communauté d’utilisateurs, qui soutiennent que le principe même de l’organisation (promouvoir les échanges entre les peuples à travers l’hospitalité) a été oublié. Mais qui sont ces couchsurfers?

Selon les statistiques du site, 70% d’entre eux ont moins de 30 ans, l’âge moyen étant de 26 ans. En effet, aller dormir dans un canapé chez un inconnu pour faire des économies, ça ne convient pas à tout le monde.

Ce n’est qu’après l’apparition d’Airbnb que l’économie collaborative allait commencer à gagner de l’ampleur jusqu’à devenir un véritable phénomène de masse. Mais, peut-on vraiment continuer à parler de partage? 

Airbnb: quand le « sharing » devient « renting »

La société Airbnb, valorisée à 25,5 milliards de dollars, est aujourd’hui classée au troisième rang des start-up tech mondiales et vient de boucler cette semaine une nouvelle levée de fonds de 100 millions de dollars.

Dans le but de poursuivre sa croissance, son principal chantier actuellement est de convaincre d’avantage de propriétaires de mettre leur bien en location sur la plateforme. Pour cela, une nouvelle campagne a été lancée dans laquelle la société met en avant le complément de revenus que peut générer la location de son appartement personnel.

Voire beaucoup plus qu’un complément, si l’on croit à une récente étude publiée par la société qui dévoile qu’elle aurait contribué à un impact économique de 2,5 milliards d’euros en un an en France, qui est son deuxième marché après les Etats-Unis. Ce chiffre prend en compte l’argent gagné par les hôtes et les dépenses indirectes des voyageurs pendant leur séjour dans les restaurants, les commerces ou les spectacles.

D’après le site de données Inside Airbnb, presque 20% des logements Airbnb à Paris intramuros sont proposés par des multi-propriétaires, et un hôte parisien moyen gagnerait 800 euros mensuels grâce à la plateforme. Parallèlement, les jeunes pousses françaises proposant des services annexes à Airbnb (gestion de réservation, échange de clés, ménage à la place de l’hôte) se multiplient: Bnbsitter, BnbLord, etc. On est donc très loin de l’utopie romantique initiale de « l’économie du partage » comme vecteur de changement de la société.

Dans ce contexte, Nightswapping propose de remettre au goût du jour cet esprit alternatif, tout en élargissant la cible de clientèle par rapport à CouchSurfing.

Nightswapping, le troc de nuits sécurisé

Cette startup lyonnaise lancée en 2012 propose aux voyageurs un système d’échange d’hébergement entre particuliers. En accueillant un vacancier chez soi, les hôtes « gagnent des nuits » qui deviennent après utilisables pour séjourner à leur tour gratuitement (ou presque). L’échange réciproque est également possible: les membres peuvent ainsi décider d’échanger simultanément leurs logements pendant une période donnée.

Grâce à la forte sécurisation du système, la société réussit à s’adresser à un public très large. Le partenariat signé avec Allianz lui permet d’offrir une garantie hôte de 450.000 euros couvrant les éventuels dommages matériels des logements. De leur côté, les voyageurs peuvent bénéficier d’une assurance allant jusqu’à 2500 euros pour être relogés et/ou rapatriés.

Typique de ce genre de plateformes, chaque appartement se voit attribuer une classification allant de 1 à 7. Ce chiffre, croisé à la durée du séjour, permet de calculer la « rémunération ». Ainsi, un membre ayant hébergé un voyageur pendant 10 nuits dans son logement standing 2 pourra, par exemple, bénéficier de 4 nuits dans un logement standing 5.

Le business model reste assez classique également: l’entreprise facture un forfait fixe de 9,90 € à chaque nouveau séjour, et quelles que soient le nombre de nuits. La deuxième source de revenus est l’achat de nuits supplémentaires. Lorsque le « capital voyage » est inférieur à la durée du séjour souhaité, le vacancier peut choisir d’acheter directement les nuits manquantes sur le site, mais son hôte ne recevra aucune rétribution monétaire.

Présente aujourd’hui dans 160 pays et comptant plus de 100.000 membres, Nightswapping a déjà réussi à lever 2 millions d’euros en septembre 2014 et poursuit son développement mondial. Pour cela, elle vise un deuxième tour de table à hauteur de 4 millions d’euros d’ici la fin de l’année et souhaite développer un service complémentaire de type agence de voyage.

Des débuts plus que prometteurs pour cette jeune pousse qui risque de devenir un acteur clé de l’hébergement collaboratif!

Par | 2015-11-25T14:15:44+00:00 mercredi, 25 novembre, 2015|Catégories : Entrepreunariat & Startups|Mots-clés : , , , , |

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