Les Néo-Banques : ces banques de l’ère FinTech

Banques historiques, banques en ligne, banques digitales et maintenant néo-banques… je vous propose d’y voir un peu plus clair dans cette chaîne de transformation des acteurs de la Finance. Amenées à évoluer pour répondre aux nouveaux comportements et usages clients, pressées par les nouvelles technologies sans perdre de vue la rentabilité de leur business model, voyons avec quelle(s) proposition(s) de valeur ces nouveaux entrants que sont les néo-banques pourraient disrupter le paysage bancaire en pleine ré-invention.

D’où viennent-elles?

Arrêtons-nous quelques instants sur la terminologie néo-banque. Neo (qui vient du grec) signifie nouvelle. Nouvelles Banques ou Banques nouvelle génération cadre plutôt pas mal. Tout d’abord apparues aux Etats-Unis (Simple, Moven, Go Bank), elles se sont ensuite diffusées au Royaume-Uni (Atom Bank, Tandem, Monzo) et en Europe (France : Compte Nickel, Morning ex Payname, Soon d’Axa Banque – Allemagne : Fidor et N26 ex Number 26).

Banque en ligne, banque digitale?

Banque en ligne :

La banque a connu plusieurs transformations de son modèle « physique » et de sa façon d’être consommée. C’est ainsi qu’au début des années 2000 est apparue la banque en ligne  ou banque sur internet : une structure dématérialisée accessible via un portail web pour réaliser des transactions via un ordinateur puis tablette et mobile.

Citons celles toujours en place : ING Direct, Boursorama Banque, Fortuneo Banque, Hello Bank, BforBank, Monabanq. 22% des Français y ont ouvert un compte séduits par la tarification moins élevée que dans les Banques traditionnelles mais aussi par la simplicité des offres et donc l’autonomie d’action induite. Ces banques en sont venues à évoluer aussi, même si elles sont adossées à de grandes banques historiques (Société Générale, Crédit Mutuel Arkéa, BNP Paribas, Crédit Agricole, Crédit Mutuel-CIC).

Leur offre produits, souvent partie d’un compte épargne rémunéré à un taux boosté, s’est ensuite étoffée avec des services de gestion de compte courant moins chers (car pas de frais liés à la présence d’agences physiques) et réalisés de chez soi en toute autonomie, des services de bourse en ligne, des produits d’assurance vie et des crédits à la consommation et immobiliers. Aujourd’hui, dans un contexte de taux d’intérêt bas, les banques en ligne se trouvent contraintes de réviser leur business model.

Banque digitale :

Conçues pour être utilisées sur un smartphone avant tout, voici la catégorie où l’on retrouve les néo-banques. On les appelle aussi Banques Mobiles car elles fonctionnent via une application mobile principalement et leurs services s’articulent autour d’une simple carte de crédit. Leur clientèle : les Digital Natives très en phase avec les nouvelles technologies. Leurs caractéristiques : des services simples et gratuits imaginés pour répondre aux besoins d’instantanéité, de flexibilité et de fluidité des clients mobiles. La gratuité n’est pas totale mais souvent les frais sont moins élevés qu’avec une banque traditionnelle.  

Qui sont-elles?

#1. ATOM BANK : néo-banque anglaisecapture-decran-2016-10-08-a-14-15-29

Créée en avril 2016, elle se revendique comme la 1ère banque au monde à avoir intégré l’authentification bio-métrique pour se connecter à l’interface.  Son ambition : « devenir la 1ère banque télépathe » grâce aux avancées réalisées en matière d’analyse prédictive des données.

Atom Bank joue sur sa communication : chaque client doit disposer d’une identité unique. A cette fin : 1.4 Million de logos ont été créés avec leur propre palette de couleurs. Chaque client peut aussi choisir la banque de son propre prénom.

La banque promet de fournir ses services 24h/24 en continu et de répondre à une demande de prêt immobilier en moins de 24h. Machine-learning, chat font partie de sa panoplie d’outils tout comme le design de son application qui offre une expérience de navigation adaptée selon que l’utilisateur est droitier ou gaucher. Si son offre de lancement se limite à 2 produits d’épargne, compte-courant, découvert bancaire, prêt immobilier etc doivent arriver avant la fin de l’année. La banque espagnole BBVA a pris une participation de 29.5% au capital d’Atom. Elle affiche ainsi sa volonté de soutenir les initiatives des banques digitales et met elle-même l’expérience client au centre de son business model.

#2. N26 : néo-banque allemande

n26-0Avec une promesse d’ouverture de compte en moins de 8 minutes, cette start-up a fait parler d’elle en mettant sur liste d’attente des futurs clients français notamment. Elle sera de nouveau accessible à partir de novembre 2016. Elle vient d’obtenir sa licence bancaire de la part de la Federal Financial Supervisory Authority (BaFin) et de la Banque Centrale Européenne (elle était auparavant adossée à Wirecard Bank et ne pouvait proposer que des comptes courants). N26 s’ouvre ainsi le continent européen contrairement à d’autres néo-banques et pourra élargir son offre de produits et services. 

Le modèle économique de N26 repose sur les intérêts perçus en cas de découverts sur les comptes ainsi que sur le partage des frais générés par certains services effectués par des partenaires comme TransferWise pour l’échange de devises. Autre élément très innovant de son process d’authentification et « disruptif » par rapport aux process en vigueur dans les banques françaises jusqu’à présent : pour vérifier les documents nécessaires à l’ouverture du compte, N26 vérifie le passeport du client qui le présente via un système de visioconférence pour gagner du temps.

N26 devrait accélérer sur les services : crédits en temps réel, renforcement de la sécurité via l’intelligence artificielle, partage de dépenses pour intégrer plus de partenaires sur son application. N26 est financée par des fonds prestigieux tels Horizons Ventures ou Valar Ventures avec Peter Thiel.

Video Fondateur N26 : Valentin Stalf CEO Number 26

#3. FIDOR BANK : néo-banque allemande

fidorsmartcard_2-1Elle se qualifie de « Banque entre amis » et s’appuie sur un réseau de 350 000 membres dont 125 000 clients. Cette communauté fonctionne comme un réseau social : partage de conseils et d’avis sur les produits des offres concurrentes. Des récompenses financières sont mêmes attribuées aux membres actifs. Les membres de la Communauté  peuvent négocier des prêts et emprunts entre eux (en « P2P ») sans l’intervention de la banque. La « solvabilité » de l’emprunteur est évaluée non seulement sur son profil financier mais également sur son activité sociale.

Le côté disruptif de cette banque est la proposition d’un compte d’épargne dont le taux d’intérêt servi est influencé par les clients puisqu’il progresse en fonction du nombre de « J’aime » cliqués sur la page Facebook de Fidor. Autre particularité qui « remplace » la carte de paiement que Fidor ne propose pas : un moyen de paiement baptisé FidorPay qui autorise les paiements P2P (de pair à pair) ou auprès d’un réseau de commerçants.

Comme d’autres start-ups qui cherchent à accélérer leur croissance et se développer à l’international, Fidor devrait rejoindre le Groupe BPCE en fin d’année. Ses atouts : avoir développé une infrastructure et des solutions digitales propriétaires – Fidor Operating System – permettant une fonctionnalité en temps réel et une intégration optimisée de solutions tierces (APIs) pour un développement agile.

Ce panorama n’aurait pas été complet sans une néo-banque française. J’avais le choix entre Morning et Compte Nickel… ce sera :

#4. Compte Nickel : néo-banque française

compte-nickelLancé en février 2014, c’est le « 1er compte sans banque » qui s’ouvre en 5 minutes, avec très peu de justificatifs, sans condition de revenus ni de dépôts et qui devient actif de suite. Ce compte est distribué par le réseau de buralistes agréés par l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR). En effet, le client après avoir scanné sa pièce d’identité et un justificatif de domicile via une borne interactive qui comprend une tablette, saisit son adresse et son numéro de téléphone. En cas de conformité, et après vérification par le buraliste de l’identité du futur client, celui-ci se voit remettre un coffret contenant un rib, une carte MasterCard activée via le terminal de paiement électronique du buraliste et son code . Coût de la carte : 20 euros/an.

L’innovation est à la fois technologique et sociale. Si ce compte s’adressait au début à des profils « sensibles » (interdits bancaires, personnes sans moyen de paiement, intérimaires…), il séduit de plus en plus les jeunes et les parents des 12-18 ans car sans découvert bancaire autorisé (1) « je ne dépense que ce que j’ai sur mon compte ». Ce compte a déjà séduit un peu plus de 395 000 clients et les usages couverts sont nombreux : notes de frais, cagnotte, colocataires, séjours linguistiques…

(1) Compte-Nickel est homologué par l’ACPR comme « établissement de paiement »  par opposition à une banque homologuée comme « établissement de crédit ». Il doit donc transférer l’argent de ses clients sur un « compte séquestre » ou « compte de cantonnement » auprès du Crédit Mutuel Arkéa, partenaire de la Financière des Paiements électroniques.

Conclusion :

On le voit, le modèle des néo-banques basée sur la technologie, connectivité, application, transparence, collaboration permet d’enrichir l’expérience client avec des fonctionnalités pilotables depuis un mobile et à effet immédiat… mais pas que… Ce modèle évolue mois après mois au sein même de ces banques, des partenariats se nouent avec les banques historiques poussant celles-ci à se ré-inventer… De nouveaux acteurs annoncent leur arrivée (Orange Bank). Le grand gagnant dans cet éco-système FinTech est aussi le client final qui voit fleurir de nouveaux services plus en adéquation avec les nouveaux comportements et usages que l’ère digitale a initiés. Le challenge est bien réel : dépasser les frontières de la banque pour se démarquer, conserver ses clients et en capter de nouveaux tout en réduisant ses coûts. A l’évidence, tout ceci ne pourra se faire que dans un environnement de confiance, de sécurité informatique, de respect des règles en matière de protection des données mais devra se faire.

Merci de bien vouloir compléter ce petit sondage.

Par | 2016-10-10T16:25:48+00:00 lundi, 10 octobre, 2016|Catégories : Entrepreunariat & Startups|Mots-clés : , , , , |

À propos de l'auteur :

Solide expertise dans le crédit aux particuliers : vente, lancement de produits, gestion de partenariats, relation clients, conduite de projets, rétention clients, animation d'équipes X-sell/Up-Sell, CRM. J'ai exercé ces fonctions en étant centrée sur le client et animée par une culture du chiffre et de l'objectif. J'effectue ce MBA Marketing & Commerce sur Internet pour être mieux armée face aux transformations digitales des entreprises et pouvoir les accompagner.