Maphaël, nouvel acteur de l’IoT. Interview de Paul Malignac

Paul Malignac

Paul Malignac

Maphaël nouvel acteur innovant sur le marché de l’IoT est né afin de répondre aux besoins d’Espace Loggia. L’entreprise a pour ambition de rendre les meubles intelligents en offrant de la maintenance préventive et prédictive. Une preuve de clairvoyance quand on sait que Gartner prévoit d’ici 2022 une économie d’1 milliard de dollars en frais de maintenance, services et consommables grâce aux objets connectés. 

 

Créée il y a plus de 40 ans, Espace Loggia conçoit, fabrique et commercialise des meubles gain de place 100% français. Espace Loggia regroupe plus de 50 personnes réparties entre le réseau de magasins et l’usine vendéenne. Cette entreprise innovante met aujourd’hui le cap sur les objets connectés. Paul Malignac, directeur d’Espace Loggia et de la nouvelle entité embarquée Maphaël a accepté de répondre à nos questions.

« Avec Maphaël, nous voulons rendre les meubles intelligents »

Paul Malignac, vous mettez le cap sur les objets connectés, pourquoi ce choix ?

Au cœur de la mission d’Espace Loggia, nous nous attelons à être toujours au plus proche de nos clients et utilisateurs afin d’identifier et répondre à leurs besoins. L’expérience client est une valeur forte pour une entreprise familiale comme la nôtre, c’est notamment ce qui nous permet d’avoir une vision à long terme.

Plus la vision est à long terme, plus le besoin d’innovation est là. Quand vous vous projetez à 1 mois, vous suivez les tendances, quand vous vous projetez à 1 an, vous anticipez le marché, quand vous vous positionnez à 10 ans, vous créez le marché.

Nous avons identifié des attentes de nos clients institutionnels de l’habitat collectif. Leurs besoins se centraient autour de la collecte de données, de la maintenance prédictive et préventive. Le mobilier étant en partie prenante dans ces projets, nous avons voulu rendre les meubles intelligents. Nous avons une vision à deux générations afin de savoir comment positionner les meubles intelligents dans la société.

C’est ainsi que vous décidez de créer Maphaël, quel est le positionnement de ce nouvel acteur de l’IoT ?

Maphaël est voué à devenir un spin off et à avoir sa propre vie. Elle ne fait pas partie du core business d’Espace Loggia mais est une activité connexe et liée. Nous n’avons aucune vocation à faire une levée de fonds ou revendre l’activité, nous souhaitons que cette entité se développe de manière autonome. Nous sommes des artisans de l’Iot avec une expertise à faire valoir et une expérience client à faire évoluer.

Usine Espace Loggia

Quelles innovations apportez-vous au marché ?

Nous avons eu l’opportunité de faire des lits connectés pour le CROUS de Rennes, la directrice du patrimoine a été convaincue qu’il fallait faire un test. Dans un premier temps, l’idée est de pouvoir connaître les utilisations normales et anormales du lit pour réaliser de la maintenance préventive. A plus long terme, nous souhaitons être capable de cumuler et analyser les données afin de mettre en place une maintenance prédictive.

En effet, l’idée fondamentale pour les gestionnaires de patrimoine ou des résidences étudiantes est de pouvoir intervenir au plus tôt. En cas de mauvaise utilisation ou de détérioration, l’objectif est de faire remonter l’information et que, par exemple, un technicien puisse intervenir avec les bons outils et la bonne solution. L’idée est de faciliter le diagnostic, d’éviter de voir les conséquences et de s’apercevoir des problèmes dès la cause.

La liberté a un prix mais elle reste un choix qui ne dépend que de la volonté personnelle de l’entreprise.

Comment gérez-vous les données que vous collectez ?

Aujourd’hui, nous sommes très très loin du volume des big data, nous sommes dans des volumes de données gérables en interne. Nous analysons les données en partenariat avec nos partenaires afin qu’ils puissent en tirer la plus forte valeur ajoutée. Nous sommes là pour accompagner nos clients et collecter les données, les analyser et prendre les actions qui en découlent.

Quelle indépendance garantissez-vous à vos clients ?

Nous n’avons pas vocation à commercialiser les données, elles sont captées et restituées auprès de nos clients. L’indépendance que nous avons par rapport au grand service cloud ou web est totale mais il s’agit là d’un choix. La liberté a un prix mais elle reste un choix qui ne dépend que de la volonté personnelle de l’entreprise.

Comment avez-vous fait évoluer votre organisation interne afin de répondre aux besoins de la création de Maphaël ?

Maphaël a démarré sous l’impulsion de 3 personnes en interne. Le projet a tout de suite passionnée Chritie Saimond à notre bureau d’études qui s’est très rapidement appropriée l’idée. Elle travaille aujourd’hui à mi-temps sur ce projet. Nous lui avons alloué le temps et les ressources qui lui seraient nécessaire pour mener à bien sa mission. Nous avons l’agilité d’une petite entreprise. Mehdi Talamani, qui travaillait dans le domaine, nous a rejoint. Quant à la troisième personne, il s’agit évidemment de moi. La vision à long terme de l’entreprise, son positionnement et la préparation de l’avenir sont d’une importance stratégique.

Quels autres projets souhaitez-vous développer ?

Nous avons plusieurs perspectives d’avenir. Maphaël n’est pas mariée à Espace Loggia même si nous avons commencé l’aventure ensemble.

Nous avons des projets de développement avec d’autres acteurs majeurs. Nous nous sommes notamment rapprochés de l’entreprise Baudet (salles de bains préfabriquées). Pour l’histoire, Baudet est installée également en Vendée et c’est assez naturellement que deux entreprises traditionnelles avec une grande expérience ont décidé de travailler ensemble pour développer des produits innovants. Nous avons également un axe de développement B2C.

À propos de l'auteur :

Passionnée par la création, l'innovation et les échanges internationaux , j'oeuvre à la promotion culturelle et à la création de ponts entre les différentes disciplines et les acteurs du secteur. J'ai exercé pendant 10 ans dans les médias (radio-presse) et dans des espaces culturels en France et au Maghreb. Souhaitant développer une expertise dans le domaine digital, j'ai décidé d'intégrer le MBAMCI Léonard de Vinci. @RLFART

Laisser un commentaire