Lunettes connectées: savez-vous vraiment de quoi il s’agit?

La question peut paraître désuète. Et pourtant, en pleine investigation sur le sujet des « lunettes connectées », j’ai pris conscience que bon nombre d’auteurs, journalistes et autres bloggers, entretenaient un certain amalgame autour de cette terminologie. Dès lors, comment un simple lecteur, consommateur, même « geek » à ses heures, peut-il se retrouver dans le dédale des technologies qui se portent devant les yeux ? Lunettes connectées, lunettes de réalité augmentée, de réalité mixte, ou encore casque de réalité virtuelle (…), les appellations foisonnent autant que les technologies et les applications se diversifient. Alors, a t’on encore raison en 2018 de qualifier les lunettes connectées, de lunettes de réalité augmentée ?

La première réalité à laquelle il est nécessaire de se confronter, est celle du plus grand nombre : le consommateur. Dans le cadre de ma thèse professionnelle j’ai réalisé un sondage sur la vision qu’avait le grand public, des lunettes connectées. A la question « Avez-vous déjà entendu parler des lunettes connectées ? », près d’1/4 de mes répondants affirment que « non ». Alors, surprise ou non ( ?), et bien j’ai tendance à considérer ce résultat comme conforme à mes pronostics.

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Pour ma part, passionné des nouvelles technologies, plutôt aguerri sur le sujet des lunettes, j’ai toujours pensé que les Google Glass étaient des lunettes de réalité augmentée, et plus récemment que le casque Hololens de Microsoft pouvait être qualifié de lunettes connectées.

Tout cela n’est pas le fruit de mon imagination, et je peux affirmer l’avoir lu bon nombre de fois. Alors si certains professionnels du domaine en sont encore à utiliser maladroitement les termes, il est de bon sens qu’une forte proportion de consommateurs et plus particulièrement les séniors, n’en aient quant à eux, jamais entendu parlé.

Je ne prétends pas détenir la vérité absolue, mais dans une période où ces technologies sont en plein développement et font naître presque chaque jour de nouvelles fonctionnalités et de nouveaux designs de device, je me suis permis d’actualiser la définition des lunettes connectées.

Pour cela, il est dans l’ordre des choses de repréciser quelques terminologies. Ecartons tout d’abord la réalité virtuelle. D’une part, parce que cette technologie est à l’opposé même de ce qui fait une paire de lunettes : voir au travers d’un support, le monde réel. Et d’un point de vue plus pragmatique, la réalité virtuelle ne peut être restituée par un objet si compact qu’une paire de lunettes (technologie RV non miniaturisée). En 2018, un « casque » est toujours de rigueur.

Les « lunettes de réalité augmentées » sont elles des « lunettes connectées » ?

Et bien tout dépend. Qualifions la réalité augmentée de contenu graphique « virtuel », qui va être superposé sur le monde réel, avec pour objectif d’améliorer ce dernier. A priori le support « lunettes » semble adéquat à l’utilisation de cette technologie. Tout comme le Smartphone pour lequel la réalité augmentée est aujourd’hui bien diffusée (ex : applications Pokemon Go, Ikea…).

Notons également que les dites « lunettes de réalité augmentées », tout comme les lunettes connectées, utilisent des composants électroniques et technologiques, ainsi qu’une connexion à internet (wifi, bluetooth ou filaire).

Donc jusque là, rien ne s’oppose à ce que l’on associe les termes. Reste le support « lunettes »…

Qu’est-il?

Nous les visualisons toutes et tous. Les lunettes sont constituées d’une monture et de deux verres (correcteurs ou non). La monture elle même composée d’une face, et de deux branches, lesquelles permettent l’assise et le maintien sur les oreilles.

Dans tous les cas, l’esthétique, l’encombrement et le poids  des lunettes permettent un port sur plusieurs heures, en extérieur comme en intérieur.

Partant de ce constat, peut-on considérer des modèles comme Hololens de Microsoft ou Magic Leap One, comme appartenant à la famille des lunettes connectées ?

Tous deux intègrent les réalités augmentées et mixtes, ce qui n’en fait pas pour moi des lunettes connectées. Leur design se rapproche d’un hybride entre casque et lunettes, certains détails les affiliant bien plus à la famille des casques (encombrement, maintien via un tour de tête). Egalement un usage, une utilisation en intérieur sur de courtes durées.

Je les caractériserais donc comme « casque de réalité augmentée ».

En 2018, le recours à la véritable réalité augmentée (pas uniquement des informations affichées sous forme de caractères), nécessite des composants électroniques relativement volumineux, qui restent difficilement compatibles avec un format de lunettes. Il y a fort à parier que leur miniaturisation permettra très rapidement d’associer réalité augmentée et lunettes connectées.

Et les Google Glass dans tout ça…

A la fois cas d’école et véritable référence de la famille « lunettes connectées », elles ont également été définies, à tord, comme « lunettes de réalité augmentée ». Un petit écran bien démarqué dans la partie supérieure du champ de vision (côté droit), permet l’affichage des fonctionnalités. Vous l’aurez compris, la réalité n’est ici en aucun cas « augmentée », l’affichage ne jouant pas un rôle déterminant sur le réel. Ici, pas de superposition tel qu’on l’entend, du virtuel sur le réel.

Alors les lunettes connectées, que sont-elles ?

Beaucoup d’auteurs les ont corrélées au principe selon lequel elles intègrent systématiquement un affichage. Mais ceci est lié à l’histoire, aux premiers modèles du genre, aux Google Glass, au flou légitime qu’un secteur rencontre sur un produit en devenir et qui se cherche.

Les mois qui viennent de s’écouler ont vu le lancement ou l’annonce d’une multitude de produits, pour lesquels les technologies et les applications commencent à se segmenter et devenir plus claires dans les esprits.

Après la gestation de l’échec des Google Glass (auprès des particuliers), de nouveaux types de « lunettes connectées » voient le jour. Citons pour exemples, les Spectacles de Snapchat, qui permettent la prise de vue et la diffusion de contenus photos/vidéos sur le réseau social. Les lunettes de la Start Up Ellcie Healthy sont quant à elles bardées de capteurs et permettent d’éviter l’endormissement au volant. Les Level de l’assureur américain VSP héritent des fonctionnalités des bracelets connectés (comptage des pas, calories, distances parcourues).

Dans ces exemples, aucun affichage sur la lunette. Une connexion Wifi ou Bluetooth permet la restitution des informations collectées, au travers d’une application Smartphone dédiée.

Autre exemple, celui des très attendues Vuzix Blade AR, considérées comme les véritables descendantes des Google Glass. Ce modèle prolonge les fonctionnalités du Smartphone en affichant les applications de ce dernier, sur les verres de lunettes.

Ici, plus besoin de sortir le téléphone de la poche, ce dernier communique avec les lunettes. Les mains restent libres. Les Blade AR seront disponibles au second semestre 2018.

Pour conclure, voici comment en 2018 je qualifierais les lunettes connectées: 

Les lunettes connectées se présentent sous l’apparence de lunettes de vue usuelles. Elles peuvent cependant en dériver esthétiquement, sans pour autant en augmenter l’encombrement. Elles doivent effectivement pouvoir être portées sur une période longue, avec confort, en intérieur comme à l’extérieur. Elles intègrent des composants électroniques et/ou informatiques, qui vont leur permettre d’apporter des fonctionnalités autres que celles de corriger la vue. Elles sont ou non, équipées d’un système d’affichage propre,  sur lequel des informations utiles à l’utilisateur se matérialisent.

Enfin, elles tissent un lien avec Internet, puisque leur connexion Wifi et/ou Bluetooth, les y connectent en totale autonomie ou via un smartphone.

Ma thèse professionnelle en cours d’écriture, va apporter une continuité à cet article, et tenter de répondre à la question « Lunettes connectées, pourquoi mettent-elles si longtemps à conquérir le grand public ? ».

 


Photographies de cet article: crédits Franck Hervé

Article écrit sur la base de ma thèse professionnelle « Lunettes connectées, pourquoi mettent-elles si longtemps à conquérir le grand public?« , et de ses sources


Découvrez en détails la réalité virtuelle, la réalité augmentée, au travers de l’article de Hélène Laruelle

https://mbamci.com/hologramme_realite-virtuelle_realite-augmentee/

Marc Cohen vous raconte comment la réalité virtuelle booste la conception des fusées au CNES

https://mbamci.com/cnes-demonstrateur-en-realite-virtuelle/

Par | 2018-07-06T06:54:00+00:00 vendredi, 6 juillet, 2018|Catégories : Objets connectés / IOT|

À propos de l'auteur :

Au travers d'une année 2018 riche, je mène de front mon métier de Chef de Produits Ophtalmiques et un MBA spécialisé "Manager du Marketing Digital" en Part Time. Passionné des nouvelles technologies, de voyages, d'automobiles, et passionné tout court...

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