A l’inverse d’une innovation radicale ou de rupture, l’innovation incrémentale permet de se différencier sur un secteur déjà existant. Il est possible d’innover tout en conservant un modèle économique présent. L’objectif est de prendre ou de conforter des parts de marché face à la concurrence. Pour se faire, l’innovation incrémentale doit proposer une offre meilleure, moins coûteuse, plus efficace, de qualité supérieure et plus simple. Elle vise à améliorer un produit, un service, une organisation… déjà existants.

Une vidéo de 3 minutes :

https://www.youtube.com/watch?v=-boN0zpXYoI&feature=youtu.be

 

Au début du XIXème siècle, un français, Jean Baptiste de Lamarck (1744-1829) propose une théorie différente que le fixisme, théorie qui considère que toutes les espèces sont immuables et façonnées par la main de Dieu, Lamarck présente les êtres vivants en tant que phénomène physique.

l'innovation incrémentale selon la théorie de Lamarck

Jean Baptiste de Lamarck

Le transformisme ou transmutation des espèces prend naissance à l’époque de Jean-Baptiste Lamarck.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_de_Lamarck

La théorie du transformisme devient naturellement la théorie rivale du fixisme.

La théorie de Lamarck repose sur l’hérédité des caractères acquis. Elle est complétée par la capacité du vivant à mettre ses fonctions en accord avec l’influence de son environnement.

En cette fin du XVIIIème siècle, le fixisme et le créationnisme furent les cadres de pensées prédominantes. Ces théories considèrent que le monde dans lequel vit l’homme est stable, qu’il n’y a pas de modifications des espèces animales ou végétales depuis la création de l’univers.

Mais des questions sur la fossilisation et l’extinction de certaines formes de vies relevèrent les failles du fixisme et du créationnisme. Selon Lamarck, la création parfaite des espèces vivantes, parfaitement adaptées à l’environnement contredit la modification continuelle de la terre.

C’est en étudiant une collection de mollusques récents et fossilisés, que Lamarck distingua des ressemblances entre des espèces actuelles et des espèces considérées comme éteintes. Il était possible de classer par des séries chronologiques une progression graduelle des fossiles jusqu’à des espèces vivantes. 

Il en tire deux hypothèses :

  • Les espèces vivantes montrent une série de complexification ; des animaux les plus simples vers des organisations plus complexes,
  • La diversification des êtres vivants au contact des nombreuses caractéristiques de l’environnement.

Pour la deuxième hypothèse, Lamarck précise deux concepts :

  • Le premier est la fonction crée l’organe, qui se caractérise par la capacité de développer un organe en fonction de son usage et à l’inverse de détériorer sa faculté si ce dernier devient inutile. C’est la “loi d’usage et de non usage”,
  • Puis le deuxième concept par la transmission des caractères acquis. Se résumant par la possibilité de transmission à sa descendance les changements organiques ou morphologiques acquis au cours de sa vie, résultant du premier concept.

Lamarck utilise pour étayer sa théorie de l’évolution, d’exemples aujourd’hui très célèbres, comme l’allongement du cou de la girafe ou de la myopie de la taupe.

Sa théorie expose essentiellement une évolution suivant un plan interne des corps vivants, une auto-organisation de façon continue et hiérarchique pour aboutir à l’émergence et la perfection humaine face à une nature considérée comme néfaste.

Le Lamarckisme suscite pendant toute la moitié du XIXème siècle un véritable débat qui tourne bien souvent à l’affrontement entre ses détracteurs (Cuvier) et ses partisans (Geoffroy Saint Hilaire).

S’appuyant en partie de la théorie du transformisme de Lamarck, Darwin, posera sa théorie sur la sélection naturelle en 1859. Le Darwinisme éclipsera le Lamarckisme à la fin du XIXème siècle.

Il reste néanmoins à noter que la conception Lamarckisme est toujours très prégnante dans notre pays et conduit à l’idée d’une évolution verticale et par secteur à l’inverse de la conception Darwiniste. L’innovation incrémentale ou amélioration continue est généralement représenté comme une évolution Lamarckisme, l’innovation de rupture ou radicale à une évolution Darwinienne. 

La puce à l’oreille

Alain Quatrehomme