Les secrets d’une start up de la mode: interview d’Emmanuel Denieau, co-fondateur de HAST

Un jour de 2016, j’ai reçu ma première chemise que j’avais commandée chez HAST. A ce moment-là, j’ai su que je tenais quelque chose. Une telle qualité à 54 euros, cela m’a tout de suite interpellé.
J’ai donc décidé de vous parler de HAST, marque de vêtements masculins spécialisée dans les chemises créée en 2012 par Emmanuel Denieau, Thomas Diez et Samy Ziani. Et pour en parler, qui de mieux que l’un de ses co-fondateurs ? J’ai donc interviewé Emmanuel Denieau afin de mieux vous faire pénétrer dans les secrets de HAST.

Interview D’Emmanuel Denieau, co-fondateur de HAST:

 

Pour commencer, Emmanuel, pourrais-tu me dire comment a commencé l’aventure HAST ?

Emmanuel Denieau : « Nous avions envie, avec Samy, d’entreprendre. Nous étions dans la même école de commerce et avions envie de nous lancer dans le textile.
Par la suite, nous avons rencontré Thomas. Nous nous sommes associés tous les trois et avons fait le constat qu’il était difficile de trouver des chemises haut de gamme à des prix accessibles. Nous avons donc créé une marque de chemise qui s’appelle HAST. HAST, c’est une marque 100% masculine et 100% online au départ.
Nous avons cassé les codes en proposant du très qualitatif à des prix beaucoup plus abordables que d’habitude.  Cela, nous l’avons fait en retirant la double marge. Il y a une double marge pour toutes les marques qui veulent être distribuées par des intermédiaires (boutiques multimarques, marketplaces…). Dès lors, le seul moyen de retirer cette double marge a été de vendre par nous-même. »

Il ne faut donc pas forcément avoir fait une formation dans la mode pour se lancer dans ce domaine ?

E.D. : « On peut tout à fait se débrouiller sans formation préalable dans le domaine de la mode. On peut par exemple trouver des stylistes freelance. De plus, les entrepreneurs s’entraident beaucoup entre eux : vous pouvez aller frapper à la porte de marques qui viennent de se créer et elles vous aideront avec grand plaisir.
On peut également trouver sur internet des stylistes qui font des patronages. A charge à vous ensuite de choisir vos tissus, vos coloris, qui dépendent aussi de ce que vous aimez porter. »

Le Made in France est un sujet à la mode depuis quelques temps. Produisez-vous en France ?

E.D. : « Pour ce qui est des chemises nous ne produisons pas en France. Pour les ceintures, notre fournisseur est français mais pour répondre à notre objectif de ne pas dépasser un certain prix de vente, la fabrication se fait en Espagne. Par le passé, nous avons eu du Made in France pour les ceintures mais ce n’est plus le cas. »

Quels sont les obstacles pour produire plus en France ?

E.D. : « Le savoir-faire en France n’est pas forcément supérieur à celui des autres pays. En ce qui nous concerne, nous sélectionnons des façonniers et des fournisseurs qui ont un savoir-faire bien plus exigeant que ce que l’on peut proposer en France. Il y a en France un coût de production plus élevé avec des finitions moins bonnes que ce que peuvent proposer certains pays d’Europe. »

A l’instar de certains pure players, vous avez ouvert une boutique physique en 2016. Est-ce une étape obligée aujourd’hui pour croître lorsque l’on est dans le secteur de la mode ?

E.D. : « On peut s’en passer, du moins au début. En effet, cela génère des charges conséquentes et aujourd’hui ce n’est pas indispensable pour se faire connaître. Néanmoins, à partir d’un certain moment c’est une vitrine.
Avoir une boutique aujourd’hui, c’était une étape obligée pour le développement de HAST. Nos clients nous le demandaient, ils voulaient pouvoir toucher nos produits, voir nos coloris et trouver leur taille. »

Étant actuellement dans un MBA dédié au marketing digital, je voudrais savoir quels sont vos axes prioritaires dans ce domaine ?

E.D. : « Nous sommes très présents sur les réseaux sociaux. Ce que nous voulons, c’est vraiment attirer de nouveaux clients. Travailler sur le référencement est également très important, afin que dès que quelqu’un tape chemise par exemple dans Google nous soyons parmi les premiers. »

Faites-vous ou avez-vous l’intention de faire appel à des influenceurs ?

E.D. : « Nous faisons appel à des influenceurs de temps en temps. Nous faisons cela en échange de produits et non pas contre rémunération. »

Constatez-vous un surcroît d’intérêt de la part des hommes concernant la façon dont ils s’habillent aujourd’hui ?

E.D. : « C’est un phénomène que nous constatons énormément. On s’en rend compte depuis quelques années, grâce au blog BonneGueule notamment qui y a beaucoup contribué.
Les hommes font de plus en plus attention à leur tenue vestimentaire. Ils veulent beaucoup plus comprendre : ce qu’est le double retors, les tissus qui permettent de moins transpirer…
Cela oblige à avoir des vendeurs encore plus experts des produits qu’ils vendent. De temps en temps, il arrive même que le client soit plus expert que le vendeur. »

A date, vous produisez des chemises, des cravates et des accessoires. Avez-vous l’intention de vous diversifier à court ou moyen terme ?

E.D. : « Nous resterons dans la mode masculine. Il y a une surchemise qui va arriver et peut-être ensuite de la maroquinerie ou des caleçons. »

Pour finir, aurais-tu un conseil à donner à quelqu’un qui demain voudrait créer sa marque dans la mode ?

E.D. : « Surtout qu’il n’hésite pas, qu’il pose un maximum de questions à un maximum de personnes, qu’il rencontre des gens. Avec un peu de persévérance et de créativité, il n’y a pas de raison que ça ne marche pas. Il y a de la place pour tout le monde. »

Je remercie Emannuel Denieau de m’avoir accordé cette interview. Je vous encourage à vous rendre sur le site de la marque ou bien dans leur boutique qui vient juste d’être refaite et agrandie. Et pour être tout à fait transparent avec vous chers lecteurs, sachez que c’est chez HAST que j’aurai le plaisir de faire mon stage dans le cadre du MBA MCI à partir de mai.

Si vous voulez en savoir plus sur la marque, vous pouvez également regarder cette vidéo:

Par |2018-03-27T14:42:16+00:00samedi, 24 mars, 2018|Catégories : E-commerce|

À propos de l'auteur :

#MBAMCI 2018 ILV #DigitalMarketing #Ecommerce #BigData | #Blogueur, passionné par l'élégance masculine.

2 Comments

  1. Jean-Philippe VUITTENEZ 25 mars 2018 à 13 h 56 min - Répondre

    Très belle idée que cette entrevue dans la cadre du blog ! Donnez la parole à une belle réussite française (qui le mérite bien), c’est une excellente initiative ! Après Bonne Gueule, la ligne est claire ………

    • Christophe Gros 26 mars 2018 à 9 h 27 min - Répondre

      Merci Jean-Philippe ! Et merci à Emmanuel Denieau de HAST qui a bien voulu répondre à mes questions.

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