L’énergie 2.0

En pleine Cop21, l’heure est à la réflexion et l’innovation autour de nouvelles solutions énergétiques…

Quelle sera l’énergie 2.0?
Vous connaissez  très certainement déjà l’énergie cinétique, créée grâce au mouvement de votre bras par exemple ; le fonctionnement de certaines montres est basé sur cette énergie, et de nombreux objets tels que des batteries pour recharger des appareils électriques. Tous les jours, nous sommes des milliards à nous déplacer, à bouger, bref, à créer du mouvement. Et si avec autant de mouvement, la foule parvenait à générer de l’énergie ? Au lieu de perdre toute cette énergie, pourquoi ne pas l’utiliser à bon escient.

 Même si il n’est pas encore possible d’alimenter une ville entière, des projets utilisant la foule comme moteur existent. Et ils sont presque tous basés sur le même principe : la piézoélectricité. Derrière ce nom barbare se cache le plus basique des mouvements : la pression exercée par une masse sur un certain matériau. Par exemple : le piétinement de la foule sur un trottoir, la pression des pneus d’une voiture sur la route, etc… Autant dire que c’est une ressource qui ne manque pas !

 

Pavegen, des plaques productrices d’électricité intégrées dans des lieux publics

Pavegen est un projet lancé en 2009, sa technologie repose sur la piézoélectricité : il s’agit de plaques incrustées dans le sol et qui récoltent la pression des pas pour générer de l’électricité. Et pour augmenter l’efficacité de ses plaques, Pavegen les place à des endroits stratégiques, où le flux de passants et le nombre de pas battent des records : le quai d’une gare très fréquentée, les couloirs d’une école, l’arrivée d’un marathon, ou plus récemment encore un stade de foot au Brésil. Ce dernier projet s’est révélé particulièrement convaincant puisque tout le stade a été éclairé uniquement grâce au piétinement des joueurs de football !

Générer de l'énergie grâce aux foules 4

Trottoirs de Toulouse producteur d’énergie, Watch RATP 2015

On peut voir des plaques Pavegen un peu partout dans le monde : à l’aéroport de Heathrow à Londres, à la gare de Saint Omer en France, ou encore à Melbourne.

La ville de Toulouse a également choisi de déployer cette solution en installant un trottoir producteur d’énergie couplé à un lampadaire de rue. Des dalles, équipées de micro-capteurs, ont été installées rue du Lieutenant-Colonel Pelissier, au cœur de la ville rose, tout près du Capitole. Le va-et-vient des piétons est alors transformé en énergie électrique qui alimente une batterie reliée aux dalles. Entre 50 et 60 watts sont produits en continu par ce segment de trottoir dès qu’il est emprunté, ce qui permet de faire fonctionner les réverbères.

 

Et les véhicules motorisés dans tout ça ?

Les transports en commun

Si les piétons peuvent générer beaucoup d’énergie en marchant, imaginez un peu ce dont serait capable une voiture, une rame de métro ou encore un train… Tandis qu’en Israël, on teste des capteurs piézoélectriques sur les autoroutes et sur les rails, à Rennes, on récupère l’énergie du freinage des rames de métro. La chaleur générée lors du freinage se transforme en électricité et ce système permet d’économiser à peu près 230 000 kwh par an !

Les véhicules particuliers

Goodyear présente cette année à Genève BH03, le pneu, qui lors du freinage, recharge la batterie.

Les manufacturier transforme la chaleur créée dans un pneu en électricité. Il permet ainsi de recharger la batterie tout en rou
lant. Le pneumatique comporte dans son épaisseur une couche de matériau thermo-piézo-électrique qui crée de l’électricité de deux manières :

  • en transformant la déformation mécanique des flancs (piézo),
  • en récupérant la chaleur générée par cette déformation dans la matière (thermo).

Afin d’accroître les capacités de génération électrique de ce pneumatique, la surface de roulement et ses flancs extérieurs comportent des zones ‘‘ultra-noires’’ capables d’absorber la chaleur solaire. Ainsi même à l’arrêt, le pneumatique peut générer de l’électricité.

Générer de l’énergie en s’amusant

Energy floors, le pouvoir du dancefloor !

Générer de l'énergie grâce aux foules 2Eclairer une piste de danse avec l’énergie des danseurs, c’est une réalité aux Pays-Bas ! L’Energy Floor a ouvert la première boîte de nuit écologique à Rotterdam. Depuis, les choses se sont emballées : fin 2012, ils ne comptaient pas moins de 17 installations permanentes, ainsi que la participation à des évènements dans 18 pays différents !

Soccket

Générer de l'énergie grâce aux foules 5Et si cette fois-ci le générateur d’énergie ne se trouvait pas dans le sol, mais dans un ballon ? C’est le projet un peu fou de de la société Uncharted Play, qui a vu le jour sous la forme d’un ballon de football appelé Soccket. Écologique sous tout point de vue, car il est fabriqué à 95% à partir de matières recyclés, il fonctionne grâce à l’énergie cinétique et récupère donc de l’énergie lorsqu’il roule. Il peut ensuite alimenter une lampe ou un autre appareil électrique ; trente minutes de jeu produit trois heures d’éclairage avec une lampe LED ! Uncharted Play a pensé aux pays en voie de développement et travaille avec des organisations humanitaires et distribue des ballons en Afrique.

 

Dans quelques années, les villes pourraient être éclairées entièrement grâce aux pas des passants dans la rue, qui sait ?

 

Par | 2015-11-30T23:01:48+00:00 lundi, 30 novembre, 2015|Catégories : E-Business|

À propos de l'auteur :

Spécialiste en innovations internationales de mobilités urbaines Actuellement Responsable Marketing et Innovation chez RATP Dev Passionnée de problématiques digitales