Le Mobile Banking dans les pays en voie de développement

 

Depuis quelques années, l’apparition du mobile banking a créé une nouvelle dynamique dans le transfert d’argent. Le mobile banking ou banque en ligne comme est appelée cette pratique en France, est un service proposé par les opérateurs téléphoniques qui permet de consulter le solde d’un compte, de transférer des sommes d’argent, de faire des paiements en ligne et de régler des factures.

 

Le mobile banking en Chine

Cette pratique est apparue en 2004, en Chine, avec la création de l’application Alipay par Ant Financial, filial du groupe Alibaba. À l’époque, la défiance des consommateurs face au fait de payer des produits avant leur réception marquait un frein au développement du site de e-commerce chinois. Alipay a donc mis en place un service de paiement de marchandise dans le but de contenter les consommateurs qui devaient payer les marchandises avant leur réception. Le principe était que l’acheteur envoie le paiement via cette plateforme, qui bloquait le paiement jusqu’à ce que le consommateur reçoive son bien. Par la suite, ce procédé s’est généralisé à la vie quotidienne et aux transferts d’argent. Aujourd’hui, Ant Financial connait un véritable succès en Chine avec plus de 600 millions d’utilisateurs et il est devenu un outil de paiement incontournable que ce soit en ligne ou dans des magasins physiques, à la manière de Pay-Pal en occident. Son développement est tel que 14 ans après sa naissance, cette filiale a réussi une levée de fonds de 14 milliards. Néanmoins, WeChat, l’application la plus utilisée en Chine, à sorti il y a 9 ans son propre service de paiement : WeChat Pay. Il a été créé pour les transferts poste à poste (P2P) et les achats intégrés. Avec l’émergence du commerce mobile et la refonte des modes de vie, WeChat Pay a dépassé ses paramètres d’origine et a dépassé Alipay dans de nombreux domaines.

 

nombre d'utilisateur des plateforme de paiement

 

 

Transfert monétaire inconditionnel

 

Benazir Income Support Programme

 

 

La pratique du mobile banking est aussi utilisée au Pakistan. Elle permet, entre autres, de mieux réguler les aides versées aux femmes via le programme Benazir Income Support (BISP). Ce programme envoie des fonds aux femmes les plus démunies pour les aider à subvenir à leurs besoins. Cependant, lors du transfert de fonds, les agents qui livraient les subventions prennent une commission. Grace au mobile banking, les commissions entre le programme d’aide et les subventionnées ont énormément diminué et permettent de mieux régulariser les flux monétaires.

 

 

 

 

 

 

Le marché africain en plein expansion

 

 10 ans mpesa

Ce phénomène a également touché l’Afrique, tout en devant répondre à des limites différentes. En effet, le continent africain connait un très fort taux de pénétration téléphonique, où 75% de la population a un téléphone, mais où le taux de bancarisation est très faible. En 2007, Safaricom, filiale du groupe Vodafone, est à l’initiative du développement du mobile banking via M-PESA, pour le marché kenyan. M-Pesa est une solution bancaire pour les utilisateurs de téléphone de transfert d’argent mais qui permet également de réaliser des paiements spontanés. M-Pesa a permis

de réduire de 90% le cout de transfert qui est fait du Nord vers le Sud par les travailleurs émigrés pour leur famille restées dans leur pays natale. À travers M-PESA, Safaricom a également décidé d’orienter sa stratégie vers les micros-crédits. Le micro-crédit via la technologie de mobile banking peut être perçu comme un levier économique pour les populations des pays en développement. En effet, des théoriciens tel que Jean-Michel SERVET a expliqué que « le micro-crédit a fait l’objet d’une communication croissante, et il est souvent présenté comme un instrument parmi les plus efficaces pour éradiquer la pauvreté ou pour assurer un développement local » . Le développement de M-Pesa a été le catalyseur du mobile banking pour l’Afrique. Cette pratique qui est devenu très répandue en Afrique car, depuis 2007, on l’a vu se généraliser à toutes les régions du continent. Par exemple : NAFA Express au Sénégal, branche du groupe CHAKA, qui a pour ambition de globaliser les transferts de fonds, et aller à la généralisation

des paiements, que ce soit dans la rue ou en ligne.  Cette entreprise est également propriétaire de Money Cash qui est une société de transfert d’argent mais via des bureaux, comme Western Union.

Cependant la société Money Cash, et plus généralement les entreprises qui ont ce même modèle, ont des limites géographiques et fonctionnelles. Pour utiliser ce modèle, il faut qu’il y ait un bureau à proximité. Or on sait que 60% de l’Afrique est rural, il est donc important de se demander si c’est un schéma viable pour ce continent. De plus, selon les chiffres de la Banque Mondial, l’utilisation du transfert en ligne a augmenté d’un peu plus de 17% en Afrique subsaharienne, passant de 2.7% à 19.9% entre 2006 et 2016.  Cette croissance montre la volonté des pays à se développer dans le secteur du digital et de développer une pensée digitale auprès sein de leur population.

Le mobile banking peut être un moyen de lutter contre l’inclusion des populations pauvres des pays du Sud.  En effet, le développement du paiement en ligne permettrait d’augmenter la bancarisation très faible des zones rurales. D’une part, car il n’existe que très peu de banques physiques dans les zones où il est possible de créer un compte.

 

Conclusion

Pour conclure, la création d’un compte au sein d’une banque a un coût élevé, que les populations pauvres ne peuvent pas se permettre. Le développement rapide du téléphone portable et la réduction des couts des transferts d’argent via le mobile banking sont des opportunités de développement économique. Cette pratique peut être mise en corrélation avec la théorie « Bottom Of the Pyramid », où ce sont les populations pauvres qui sont les facteurs de croissance. Entre 2011 et 2013, les flux monétaires ont connu une évolution de 25% (372 milliards de dollars en 2011 et 467 milliards de dollars en 2014). En ce qui concerne les transferts d’argent faits par les migrants, l’Inde et la Chine comptabilisent à eux deux 126 milliard de dollars. Le développement de la téléphonie de l’Afrique va avoir un impact plus qu’important. Il est important de préciser que le continent africain est déjà un acteur de révolution numérique, puisque 16% des adultes reconnaissent avoir utilisés le mobile banking pour recevoir de l’argent ou payer leurs factures.

 

Pour comprendre les enjeu de le transformation digitale des banques, lisez l’article de Stefanie PIETRI

Bibliographie :