Les objets connectés sont bel et bien tendance en cette fin d’année ; l’un d’entre eux sera certainement présent sous votre sapin ! Et si c’était un drone ? Prenons de la hauteur et découvrons votre nouveau jouet… et ses restrictions.

 

Un drone, c’est quoi ?

Nous sommes nombreux à avoir découvert l’existence des drones durant les conflits dans les années 90. Ils avaient alors une utilisation militaire à des fins de renseignement.

Depuis quelques années, en France, le mot drone est utilisé à tout-va pour désigner un aéronef sans pilote destiné au loisir. Autrement dit, pour le grand public : un jouet qui vole. Mais il existe d’autres drones qui roulent ou qui glissent ; on parle alors de drones terrestre, naval ou sous-marin.
Chez les anglo-saxons, chaque drone a sa définition ; par exemple, l’UAV (Unmanned Aerial Vehicle) désigne un appareil volant tandis que l’UGV (Unmanned Ground Vehicle) correspond au drone terrestre.

 

Alors, on vole ?

Quelle chance ! Votre drone est un appareil qui vole, conçu pour le loisir en extérieur. Impatient que vous êtes, vous avez déjà chargé la batterie, installé l’application adéquate sur votre smartphone ou tablette et vous avez connecté votre drone. Plus qu’à réaliser votre premier vol… Oui mais voilà, certaines règles sont à respecter.

En France, la DGAC (Direction Générale de l’Aviation Civile) est chargée d’assurer la sécurité de l’espace aérien ainsi que de la population survolée. Sur leur site web, une section est dédiée aux drones, également appelés aéronefs télépilotés. Si vous êtes armé de patience, vous pouvez toujours tenter de lire les 2 arrêtés du 11 avril 2012 relatif à la conception des aéronefs civils qui circulent sans aucune personne à bord ainsi qu’à l’utilisation de l’espace aérien.

Règes d'usage d'un drone de loisir (DGAC)Heureusement, il existe un document synthétique : 10 règles d’usage pour une bonne utilisation d’un drone de loisir. Pour résumer, vous pouvez utiliser votre drone de jour, en vol à vue jusqu’à 150m d’altitude, mais en dehors d’une agglomération et à bonne distance des aérodromes et des couloirs aériens. Le survol d’un groupe de personnes ou d’animaux est interdit, tout comme les sites sensibles ; et si votre aéronef est muni d’une caméra, attention à la vie privée.
Si vous ne respectez pas ces règles élémentaires de sécurité, vous pouvez encourir jusqu’à 75 000€ d’amende et une peine d’un an d’emprisonnement.

Glups ! Pour un cadeau de Noël, ça refroidit n’est-ce pas ?

 

Pourquoi tant de sécurité ?

Trop d’infractions

Cette nouvelle liberté de piloter a fait exploser le nombre d’infractions, quel que soit le pays. En Angleterre, le nombre de plaintes dues aux drones a augmenté de plus de 2000% en 3 ans. En France, l’état a pris très au sérieux le survol de plusieurs sites sensibles à la fin de l’année 2014. Toujours en France, un jeune homme a voulu filmer Nancy ; résultat, une amende de 400€. Au Japon, c’est sur le toit des bureaux du Premier Ministre qu’un petit drone présentant des traces radioactives s’est posé.

Des ventes en forte hausse, une utilisation de loisir émergeante

Les chiffres clés du drone (infographie Drone Volt)

La vente de drones de loisir explose ; en France, il s’en est vendu 100 000 en 2014 et on avance le chiffre de 150 000 ventes pour 2015 ; aux USA, 700 000 drones seraient vendus pour Noël. Il faut donc réglementer au plus vite afin d’éviter un grand n’importe quoi au-dessus de nos têtes, d’autant plus que le vol loisir se démocratise aux USA et en Europe particulièrement.

 

Bientôt immatriculé ?

Aux Etats-Unis, la FAA (Federal Aviation Administration) a frappé un grand coup en obligeant les possesseurs de drones de plus de 250g à s’enregistrer en ligne, avant même de faire voler leur appareil. Un numéro d’immatriculation est alors délivré, qu’il convient de mettre en évidence sur le drone.

En France, ça bouge aussi ; 2 nouveaux arrêtés « drones » datant du 17 décembre 2015 entreront en vigueur dès le 1er janvier 2016. Ils remplaceront donc les 2 arrêtés du 11 avril 2012. La DGAC communiquera à ce sujet dès le 6 janvier prochain, mais l’essentiel a déjà été dévoilé sur certains sites web.

En Europe, une résolution a été adoptée le 29 octobre 2015 préconisant entre autres l’immatriculation de tous les drones de loisir, poussant même jusqu’à l’équipement d’une puce d’identification.

L’immatriculation d’un drone semble être le moyen le plus évident pour identifier son propriétaire et ainsi le responsabiliser quant à son utilisation, mais aussi le verbaliser le cas échéant. Cette gestion future de la circulation aérienne serait donc similaire à la circulation routière : des véhicules immatriculés devant respecter non pas un code de la route, mais un code de l’air. Reste en suspens la nécessité d’avoir le permis de piloter ; nul doute qu’il sera prochainement suggéré.