Lors de sa création en 2010 par Kevin Systrom et Mike Krieger, Instagram a révolutionné la photographie sur téléphone mobile avec ses 11 filtres. 8 ans plus tard, il s’agit du 2ème réseau social derrière Facebook et les marques ne peuvent plus exister sans se positionner sur cette application. Vous avez dit “instagrammable” ?

Qui n’a pas entendu cette expression de nos jours.

Avant toute chose, il est donc nécessaire de mettre une définition derrière ce mot.

Instagrammable : nouveau terme s’appliquant à tout objet, décor ou lieu dont l’esthétisme pourrait très bien rendre en photo sur la plateforme de partage du même nom.

Le syndrome de l’instagrammable ?

En juin 2018, le nombre d’utilisateurs actifs mensuels a atteint le milliard (source Statista 2018). Les nouveaux codes implicites poussent les utilisateurs à ne partager que des images sublimées créant un nouveau diktat photographique.

Aujourd’hui, il faut proposer du contenu travaillé avec de belles couleurs et des mises en scènes parfaites pour tenter d’être toujours plus photogénique.

Désormais, l’expérience ne vaut d’être vécue que si elle est partagée virtuellement avec le monde entier, hashtagée et donc instagrammée.

Comment font les entreprises ?

Face à ces nouvelles règles imposées par ce réseau social appartenant à Mark Zuckerberg, les entreprises ont dû se renouveler et adapter leur marketing aux attentes des consommateurs.

Il y a pléthore d’exemples à travers le monde. Nous avons pu lire récemment que les architectes de Club Med conçoivent leurs nouveaux villages pour qu’ils soient “partageables”. En effet, une étude réalisée en 2017 par Schofields a montré que 40% des Millenials choisissent leurs vacances pour leur potentiel d’instagrammabilité.

A New York, le premier penthouse conçu pour Instagram a ouvert ses portes fin août 2018 pour les influenceurs. Chaque détail de ses 220m2 a été pensé pour pouvoir être photographié.

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Le salon du penthouse de Village Marketing à SoHo qui a été conçu pour les influenceurs.
© Amy Lombard/The New York Times

Paris n’est également pas en reste puisque des lieux comme Rivié, le restaurant de The Hoxton ou bien encore les établissements Mama Shelter ont bien compris la puissance du réseau social. Les publications de ce dernier sont facilement reconnaissables grâce à la mise en scène dans les chambres de personnages de la Pop Culture tels que Star Wars ou Bugs Bunny.

Ce qu’il faut bien comprendre c’est que ce changement touche profondément tous les secteurs d’activités en passant de la restauration au retail. Même la boulangerie en bas de chez vous se doit de rendre sa boutique ou ses pâtisseries « sexy » afin d’attirer de nouveaux photographes clients.

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LIBERTE
La pâtisserie boulangerie par Benoit Castel
39 Rue des Vinaigriers, 75010 Paris
© Christophe Caudroy/J’adore ce que vous faites

Quelles sont les solutions ?

Dans ce contexte, nous avons vu de nouvelles pratiques émerger. Il n’est plus rare maintenant de voir des restaurants recruter des community managers.

Ce phénomène a pris une telle ampleur au point de devenir un véritable business.

On ne parle plus maintenant de blogueurs ou d’influenceurs mais d’instagrammers. Des agences comme Hivency ont vu le jour afin de répondre à plus en plus de demandes de collaborations avec ces créateurs de contenus.

D’autres entreprises en ont profité également pour surfer sur la vague.

C’est le cas de Meero qui a vite compris cet énorme potentiel et propose une solution de retouche automatisée de photos par algorithme pour des clients comme Deliveroo, Just Eat ou bien AirBnb. D’ailleurs, ce dernier a noté que les biens immobiliers avec des photographies de qualité instagrammable sont loués 7 fois plus et plus rapidement que ceux avec des photographies de qualité moyenne.

De la même manière que certains établissements apposent leur attestation d’excellence TripAdvisor, il ne serait pas surprenant de voir apparaître prochainement un label Instagram.

Mais l’authenticité et l’expérience client ne sont-elles pas au final plus importantes ?


Sources : La Revue du Digital – Travolution – The New York Times – Workshop – Influencia