L’hôpital est au centre du système de soins pour bon nombre de Français. Ils y sont en effet suivis par plusieurs professionnels de santé : médecins traitants et médecins spécialistes.

A l’hôpital, le parcours patient peut être considéré comme fastidieux. Les dossiers papiers, les résultats d’examens et les nombreux rendez-vous sont parfois synonymes de longues attentes pour les patients et sources de stress pour le corps médical, souvent débordé par le nombre très élevé de patients et de dossiers à gérer. Ces contraintes sont présentes dans les parcours suivants :

  • Patient-consultation,
  • Patient-hospitalisation,
  • Patient-intervention chirurgicale,
  • Patient-suivi post opératoire.

Le numérique en santé est-il largement plébiscité ?

En 2018, selon le « baromètre santé 360 » d’Odoxa, 73% des Français sont favorables à la mise en place d’outils numériques permettant d’améliorer le parcours patient à l’hôpital. Neuf professionnels libéraux sur dix, déclarent échanger des informations relatives au secret médical sans utiliser des messageries sécurisées.

Sondage Odoxa en France et en Europe sur l’utilisation des services numériques à l’hôpital

Hôpital numérique sondage

Source:  Barometre santé Odoxa novembre 2018

Alors que nous sommes à l’ère du numérique, il est indispensable de comprendre les besoins des usagers (patients) et des prescripteurs (médecins et personnel soignant), afin de pouvoir articuler toute une activité et proposer un parcours de soins le mieux adapté et de faciliter le rythme de travail du personnel hospitalier et le parcours du patient.

La première étape du parcours-patient : la prise du rendez-vous

Il y a quelques années, pour prendre un rendez-vous le patient devait appeler l’hôpital, attendre que le standard décroche pour l’orienter vers le service concerné. Ensuite le malade devait patienter afin que la secrétaire réponde pour avoir enfin son rendez-vous. Actuellement, grâce aux moyens technologiques tels que les Smart Phone, les tablettes ou les ordinateurs, le patient aura la possibilité de prendre un rendez-vous à condition que l’ensemble de la chaîne soit connecté. Ces actions sont déjà gérées par un outil de gestion mis en place au Canada. Il s’agit de PetalMD: une solution médico-administrative en charge de gérer plusieurs paramètres :

  • Les horaires des médecins,
  • Les rendez-vous patients,
  • Les listes de garde des médecins,
  • Les horaires d’ouverture des services,
  • La facturation médicale,
  • La communication par l’entremise d’une messagerie sécurisée.

L’outil de prise de rendez-vous en ligne permettra d’éviter le long passage par le personnel administratif et de synchroniser les disponibilités du patient, en fonction des horaires de présence du médecin. De cette synchronisation découlera un gain de temps pour le patient et évitera pour le médecin un taux d’assiduité faible concernant le rendez-vous. A cela s’ajoutera une communication entre les professionnels de santé et le patient via une messagerie sécurisée accessible à partir d’un mobile, d’une tablette ou d’un ordinateur. Cet échange sera confidentiel. Par exemple, ce système évitera alors l’interception d’une consultation prise par un employé, chez un médecin par un employeur malhonnête qui utilisera cette défaillance afin nuire. Ainsi le secret médical sera préservé.

Les fonctionnalités de cette plateforme visera aussi à échanger et puiser en toute sécurité des document médicaux (lettres de consultations, examens radiologiques, prises de sang) via une bibliothèque centrale. L’envoi de ces types de documents par mail même sécurisé sera révolu.

Sondage Odoxa en France et en Europe sur l’échange des informations médicales

Baromètre santé digital

Source:  Barometre santé Odoxa novembre 2018

PetalMD appuie une flexibilité et une sécurité maximale via un cloud privé sécurisé, développé et mis en place par l’entreprise française OVH, spécialisée dans les services de cloud computing. L’hôpital de demain pourra alors intégrer la solution PetalMd, qui a pour objectif d’optimiser la productivité des professionnels de santé créant ainsi plus de disponibilité de temps à accorder à leurs patients. Ces derniers se sentiront alors bien pris en charge.

Actuellement, parmi les logiciels les plus utilisés pour prendre des rendez-vous médicaux, Doctolib figure en tête. Le patient prend son rendez-vous sur internet. La veille du rendez-vous il est informé par sms de sa consultation. Malgré ce rappel de rendez-vous, les patients n’honorent pas toujours la consultation. Comme Doctolib ne permet pas d’échanges d’informations médicales entre le médecin et le patient, ce dernier ne viendra pas toujours en consultation car il a l’impression de ne pas se sentir concerné. A partir du moment où un échange sécurisé des données est réalisé, le patient sera davantage impliqué dans sa démarche.

La deuxième étape du parcours-patient : la consultation « sur écoute »

Dans cette étape, l’analyse vocale sera une nouvelle aide au diagnostic pour le médecin.

Pour cela, Microsoft, s’est allié avec l’institut Karolinska de l’université de Stockholm afin de développer un assistant pour le médecin qui fonctionne grâce à la reconnaissance vocale du patient. Dans le cabinet de consultation, avec la présence du médecin, le patient exposera ses symptômes. Il précisera de manière claire son traitement médical, ses antécédents (médicaux, chirurgicaux) et ceux de sa famille.

A l’instar d’une commande vocale de téléphone, l’assistant informatique du médecin comprendra ce que décrit le patient, identifiera les « mots clés » et analysera l’ensemble des données. Celles-ci seront ensuite classées par familles de maladies pour suggérer au médecin des conseils de diagnostic et les prescriptions relatives.

 » Quand le médecin écoute, il n’a pas le temps de saisir sur l’ordinateur […]En fait, ils saisissent peu de choses alors que la consultation dure 45 minutes. Le but de l’IA sera ici de noter et repérer des mots clef prononcés par le patient et qui peuvent mener à un diagnostic  » Philippe Castets, directeur des systèmes d’information aux Hospices civils de Lyon, Les Echos, 2018

Si nous prenons l’exemple d’un patient se plaignant de la « douleur dans la poitrine », le logiciel proposera automatiquement le diagnostic et l’orientation thérapeutique : consultation de cardiologue, de gastro-entérologue, prescription d’un électrocardiogramme, prescription d’une prise de sang etc.

Afin d’en savoir plus sur cette technologie je vous recommande vivement l’article de Dorothée Schneider  😉  https://bit.ly/2u9KQhw

La troisième étape du parcours-patient : l’examen radiologique à l’hôpital

Avec Project InnerEye, une Intelligence Artificielle, Microsoft améliorera le diagnostic et la productivité des oncologues, radiologues et chirurgiens qui travailleront en coordination, pour analyser les images radiologiques, afin d’apporter la solution adéquate au patient. Cette IA est axée sur le traitement des tumeurs et le suivi de leur progression. InnerEye a été conçue depuis plusieurs années pour visionner et apprendre par elle-même à travers le « machine learning ».

Les radio-oncologues, les oncologues et les chirurgiens seront alors à même de pouvoir délivrer des meilleurs soins, de manière plus efficace et plus cohérente à leurs patients.

Ce dispositif permettra alors en quelques minutes, de vectoriser la tumeur et de soulager le radiologue, en lui évitant de procéder à plusieurs plans de coupe pour finaliser son diagnostic. Ce programme pourra s’avérer particulièrement utile dans les situations d’urgence où le diagnostic exact est précieux dans un temps court.

La quatrième étape du parcours-patient : l’étape de l’opération 

Habituellement, cette étape, nécessite l’entrée du patient au bloc opératoire, la reconnaissance de l’indication opératoire, la préparation du matériel nécessaire à l’intervention et le résultat des analyses. Au total, le chirurgien est confronté à une concentration extrême. HoloLens, réalité augmentée, combine le monde réel et les éléments numériques du patient en temps réel, pour offrir  au chirurgien des possibilités d’interaction en temps réel et un environnement 3D.

Cet outil précieux pour le chirurgien sera capable de donner accès à des informations médicales supplémentaires, précises et intuitives dans un environnement stérile excluant les ordinateurs, clavier et souris. Grâce au casque, le chirurgien projettera des modélisations en 3D sur le corps du patient ou à côté tout en accédant aux données médicales du patient, limitant ainsi la perte de concentration, afin de regarder le scanner ou l’IRM. Cela permettra d’augmenter les capacités du chirurgien avec des images en 3D, beaucoup plus pertinentes et visuelles qu’en 2D.

En décembre 2017, une première opération de l’épaule a été réalisée avec succès, par le programme HoloLens, à l’hôpital Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis).Un nouveau modèle de lunette développé par Microsoft pourrait être dévoilé en 2018.

Depuis une vingtaine d’années, la chirurgie robotique a débuté dans le traitement des maladies de la prostate, puis s’est étendue à d’autres spécialités. Les hôpitaux de l’assistance publique de Paris comptent actuellement treize robots de chirurgie dont 9 achetés en 2018. Cette chirurgie robotique est intéressante pour le patient. En effet, elle est mini invasive et ne nécessite pas beaucoup d’antalgiques. Elle offre pour le chirurgien une vision tridimensionnelle du champ opératoire à travers deux consoles (l’une pour le chirurgien et l’autre pour son assistant opératoire).

Deux robots occupent le marché: Da Vinci et  Medtronic. Ces robots permettent également  à un chirurgien, d’assister à distance, un autre chirurgien en difficultés opératoires.

      Le robot Da Vinci

Le robot Da Vinci

                                              

Dans l’hôpital du futur, le parcours patient, sera alors jalonné de nouvelles arrivées technologiques qui permettront l’accès aux soins de santé et un gain de temps pour les professionnels de  santé pour mieux se consacrer aux patients. C’est un processus qui cherche continuellement de nouveaux moyens pour s’améliorer.

Cependant beaucoup de questions persistent.

    • Qu’en est-il de la phase d’admission et d’identification du patient tout au long de son parcours ?
    • Qu’en est-il de la prise en charge du patient à la suite d’une intervention ?
    • Existera-t-il un jour une technologie qui permettra en temps réel d’informer la famille de l’acte opératoire et de ses suites ?

Bien entendu, il est également à prévoir que c’est un processus qui demande une synchronisation de toutes les informations, en temps réel aussi bien du côté du patient que de tous les acteurs et services de l’hôpital pour la multitude des parcours possibles.

Sources: