Avez-vous déjà regardé une vidéo food sur les réseaux sociaux ? Vous a-t-elle donné faim? Pourquoi les nouveaux livres de recettes contiennent plus d’images qu’avant ? Selon une étude d’Accenture commandée par Facebook en 2018, 30 % des 18-34 ans orienteraient leurs achats alimentaires, principalement ceux des nouveaux produits, en fonction de ce qu’ils ont vu dans leur fil d’actualité Instagram. Publier des vidéos alléchantes, partager de manière récurrente des nouveaux tips culinaires, et de nouvelles idées recettes est devenu un business à part entière. La chaîne Youtube de cuisine Tasty de Buzzfeed a attiré en 2018 près de 29 millions d’abonnés sur certaines vidéos food. Avec plus de 3,4 millions de fans sur Facebook, Demotivateur Food se positionne comme un média social 100 % food. Le monde a donc faim de vidéos sur les réseaux sociaux. Il s’agit de comprendre pourquoi et comment créer la vidéo qui mettra l’eau à la bouche.

Buzz Food : comment développer l’appétit numérique ?

Les images subliment les plats et impactent directement le comportement d’achat. En France, ¼ des utilisateurs Instagram déclarent aimer, voir, et partager des contenus liés à la nourriture et aux boissons. Le nombre d’images taguées avec #foodporn est considérable.

nombre de #foodporn utilisés en 2018 191 millions sur Instagram aux USA

Il a été démontré que lorsqu’on voit un plat appétissant, l’activité cérébrale est stimulée comme si l’assiette se trouve sous le nez. La réussite française de Chefclub, la chaine de vidéo food qui cartonne sur les réseaux, le prouve. Chaque jour des milliers de data sont parcourues par les algorithmes sur Instagram, Facebook, Google, Youtube pour détecter les tendances food qui vont marcher. 

« Nous sommes face à un marché gigantesque qui est en phase avec la place que prend la cuisine dans nos vies depuis 10 ans, grâce à des émissions comme Top Chef. S’il était très vieillot de regarder des émissions culinaires, c’est aujourd’hui devenu trendy. » Thomas Lang, l’un des fondateurs Chefclub

Chefclub est un menu qui fonctionne : près de 25, 5 millions de personnes suivent la page sur Facebook, et, plus de 2 millions d’abonnés sur Instagram. La dernière vidéo sur YouTube « Le super flamby » a déjà plus de 14 millions de vues. Et il y a de nombreux projets encours comme l’arrivée de KIDDOZ le nouveau Chefclub Kids !

Toutes les vidéos sont optimisées : utilisation de dés de jambon plutôt que des lardons, car cela retient plus l’attention, ou encore, préférence pour la musique jazzy pour les plats et la techno pour les desserts… 

Le mobile : un ustensile indispensable aux recettes food

Plus réaliste, les vidéos alimentaires sont souvent tournées avec un smartphone. Pour donner envie, il faut s’identifier, se projeter à travers le contenu visualisé. 

Le chef étoilé Thierry Marx et la photographe réalisatrice Mathilde de l’Ecotais ont d’ailleurs ouvert la formation Media Social Food dédiée aux métiers de l’image culinaire 2.0. L’apprentissage se fait essentiellement avec le mobile et un logiciel adapté, pas besoin de matériel sophistiqué pour suivre les cours. 

Les consommateurs se connectent sur leur mobile pour regarder avant d’acheter. 36 % des 18-34 ans disent interagir avec des publications relatives à l’alimentation sur Facebook chaque semaine, et plus d’un quart des jeunes consommateurs consultent les médias sociaux pour trouver l’inspiration en cuisine. Le smartphone est aussi de plus en plus utilisé pour faire les courses. 

infographie utilisation du mobile dans le secteur du food en magasin

Il est donc facile d’imaginer que les contenus visuels sur mobile peuvent jouer un rôle important au moment de décider quels nouveaux produits alimentaires acheter. Les vidéos permettent de découvrir et d’ en apprendre davantage sur des plats, des techniques, des produits et des marques…

Avant les pages recettes des magazines étaient découpées, maintenant, c’est le mobile qui, comme une bibliothèque géante, affiche les aliments nécessaires aux menus dans les résultats des moteurs de recherche.

La food story : ContentLAB Agency

Raphaël Heslot a créé la start-up ContentLAB Agency en janvier 2018. Passionné de vidéo, il est parti d’insights simples :  

  • 46 % des internautes vont chercher plus d’information sur un produit après avoir regardé du contenu de marque en vidéo (source TheEword)
  • 86 millions, c’est le nombre de vidéos visionnées en France chaque jour sur Facebook (source Médiamétrie)

Fort de son expérience food chez Marmiton, il décide de monter ContentLAB avec Aurélien Veyret, expert vidéo, pour aider les marques à développer leur présence sur le web gràce à la création de contenus digitaux et sociaux liés à l’art de vivre : food, sport, bien-être, bricolage et décoration.

Dans son LAB, rempli d’outils et de matériel divers et variés, l’objectif est de sublimer les aliments pour créer un véritable effet « waouh » à chaque vidéo ou image produite. Et cela, à un coût accessible pour les budgets consacrés au digital

Le but est de captiver l’audience. Chaque vidéo doit appeler au partage et renforcer l’attachement à la marque. En mixant différentes techniques, en ajoutant de très gros plans par exemple, cela permet de concentrer toute l’attention du spectateur sur l’image et les détails du produit.

https://www.instagram.com/p/B0YJ51NoIOg/

Sa promesse est le no fake food !

C’ est utiliser uniquement des vrais aliments pour réaliser les vidéos. Partir du produit et le magnifier grâce à ses attributs, ses usages, son histoire, son style, ses compositions et le contexte de la vidéo… Pas d’élément artificiel, ni de vernis, ni de gel, ni de colorant…Ce positionnement audacieux est d’ailleurs aligné avec la tendance de fond dans l’alimentation autour du besoin de transparence et du clean label.

Ses 3 mots favoris : 

#foodporn

Contrairement à ce que ce mot donne à penser, pour Raphaël le foodporn, c’est une façon de filmer qui repose sur la mise en valeur des produits, dans des conditions très spécifiques. C’est aussi une volonté de capter le spectateur, de lui offrir un moment de plaisir visuel où la beauté est la seule chose qui importe. Le temps s’arrête : il n’y a qu’ à contempler le mouvement des aliments.

#slowmotion

Voir tomber un œuf dans la farine au ralenti, observer des oranges dans les airs, regarder les éclats de noisettes se projeter… le slow-motion est une technique qui permet de prendre le temps, de se délecter et d’observer la beauté de l’action.

#visualengineering 

C’est réaliser des vidéos en temps réel à l’aide de machines pour donner plus de réalisme par rapport au contenu crées de toute pièce sur ordinateur. C’est Steve Giralt , le référent en matière de visual enginneering qui réalise avec l’aide de robots de nombreux films publicitaires alimentaire. Chez ContentLAB Agency,  un des outils favoris est le rotator. Souvent utilisé, il permet de faire tourner à 360 degrés chaque aliment.

En story du compte Instagram de la start-up, il est possible de découvrir des inventions techniques, parfois étranges, dont les vidéastes se servent. ContentLAB Agency, c’est une autre vision avant tout, de contenus totally food!

 

Les photos et les vidéos culinaires prennent de plus en plus d’ampleur sur les réseaux sociaux. La passion, la volonté de changer les choses, d’innover, d’engager, le tout mixé au digital, font évoluer l’environnement food vers un futur encore plus porteur de sens.

“ Les jeunes ont l’habitude de consommer des contenus visuels. Ils ont une capacité de concentration plus courte et veulent aller à cent à l’heure. Ils préfèrent regarder, voir et comprendre leur sujet en un coup d’œil plutôt que de lire les choses avec intention.”  Kara Nielsen, chasseuse de tendances dans le secteur de l’alimentation et des boissons 

L’important est de donner envie. Les nouvelles technologies émergentes changent  donc la façon de vivre, de concevoir, et même de manger chaque jour. Le monde de la création de contenu évolue. Avec des techniques et des outils, il est possible de produire de vidéos food très qualitatives et originales. Alors à la prochaine vidéo regardée, demandez-vous si c’est du foodporn, du slowmotion, du visual enginneering ou, peut-être les trois mélangés?


Sources:

Pour aller plus loin

Virginie Heinrich Food et réseaux sociaux : quand regarder devient aussi important que manger!

Anne-Laure Cousin 5 conseils pour réussir vos vidéos sur YouTube