Embarquez à bord de l’ISS avec Thomas Pesquet

Le 21 juillet 1969, les Français retenaient leur souffle devant leur téléviseur noir et blanc, en regardant les premiers pas de l’Homme sur la Lune. En 2017, des millions de personnes suivent chaque jour la mission spatiale Proxima, grâce à une médiatisation savamment orchestrée sur les réseaux sociaux et un de ses « ambassadeurs de la Terre », Thomas Pesquet.

Avec 127 000 abonnés Instagram, 324 000 abonnés Twitter et près d’un million de fans sur Facebook, Thomas Pesquet est l’astronaute français le plus populaire sur les réseaux sociaux.

Thomas Pesquet

Thomas Pesquet alias @Thom_astro

« Si nous partons dans l’espace, ce n’est pas pour nous-mêmes, mais parce que nous croyons que c’est utile pour tout le monde sur Terre. (…) C’est pourquoi je tiens à partager cette expérience avec le plus grand nombre. »

Depuis bientôt 3 mois, Thomas Pesquet alias @Thom_astro, partage quotidiennement photos et vidéos sur les réseaux sociaux. On les dirait tout droit sorties du film Gravity. Et pour cause, puisqu’elles sont prises depuis la station spatiale internationale ISS, que Thomas a rejoint le 17 novembre dernier avec 2 autres astronautes russe et américain.

Le 29 décembre, Thomas, décidément totalement en phase avec la génération Y, poste même une video d’un mannequin challenge réalisé avec ses coéquipiers. La vidéo a généré près de 1,2 millions de vues sur Facebook.

Le 16 janvier dernier, un selfie de Thomas prétendument réalisé lors de sa sortie dans l’espace a fait le buzz. Bien qu’il n’ait pas été publié sur le compte Twitter @Thom_astro, il fait le tour des réseaux sociaux. Pourtant, c’était un fake : un montage réalisé par l’artiste numérique Robert Jahns, connu sur Instagram pour ses créations d’art visuel.

faux selfie Thomas Pesquet

Le faux selfie attribué à Thomas Pesquet

Le compte Flickr officiel de Thomas Pesquet est également régulièrement alimenté, et plus de 3200 photos sont classées par albums : préparation physique, cours de Russe et Chinois, sorties dans l’espace, portraits officiels, équipage, entrainements …

Rien n’ a été laissé au hasard bien sûr, puisque même des playlists ont été préparées à l’avance, pour que Thomas puisse les poster depuis l’espace.

De la stratosphère à la twittosphère

D’abord fasciné par les prises de vues des différents endroits de la planète survolés par l’ISS, on en arrive très vite à se demander comment fait Thomas pour tweeter à 400 km d’altitude, et à une vitesse de 28 000 km/h …

Pour les messages peu volumineux, Thomas peut communiquer directement depuis l’ISS, grâce à une connexion satellite. Depuis juin 2016, la NASA a installé un système de bornes satellites relais, qui évite les échecs de transfert. Ce réseau, appelé DTN (Delay Disruption Tolerant Networking), permet aux bornes satellites de stocker les données en attendant d’être à portée du prochain relais. Ainsi, les bornes n’ont plus besoin d’être inter-connectées au moment de l’envoi du message.

Pour les données plus lourdes, comme les vidéos, Thomas doit faire appel à une équipe technique de l’ESA (Agence spatiale Européenne) sur Terre.

« Dans l’ISS, le public est le septième membre de l’équipage », raconte Thomas Pesquet

Ouvert et connecté, l’astronaute français de 38 ans est l’ambassadeur rêvé pour moderniser l’image du CNES (Centre National d’Etudes Spatiales).

Une opportunité de communication grand public pour le CNES

Au-delà de l’expérience humaine dont témoigne Thomas au quotidien, la mission Proxima marque un temps fort pour la communauté scientifique européenne. L’aventure spatiale reste une expérience fascinante dans l’imaginaire collectif. C’est pour le CNES une formidable opportunité pour engager de nouveaux publics et travailler son image en ré-enchantant le discours scientifique..

Accompagné par l’agence La Netscouade, le CNES s’appuie sur les réseaux sociaux, et médiatise les temps forts comme le décollage de la mission Proxima. Un community manager de l’agence est mobilisé en permanence ; une véritable social media room a été mise en place pour le jour du décollage de Thomas vers l’ISS. En direct depuis le Kazakhstan, une équipe de la Netscouade a assuré l’animation sur les réseaux sociaux, avec les hashtags #AllezThomas et #Proxima. Un mix media complet a été déployé :

  • décollage en direct sur Facebook Live,
  • live tweets enrichis de visuels et extraits vidéo grâce à SnappyTV
  • stories sur Instagram et Snapchat.

Bilan : + 51% de fans Facebook sur la page du CNES, et les followers Twitter du compte @CNES en hausse de +29%.

Après Buzz, Mike, Scott …le nouveau « Tintin de l’espace » est français

Thomas Pesquet peut définitivement rivaliser avec les astronautes américains, qui ont avant lui pris la parole sur Twitter. @Thom_astro a un score Klout de 80, talonnant son « ancêtre » Buzz Aldrin qui affiche un score de 86, avec 992 000 followers !

[Le Klout score est un score « de référence » permettant de mesurer l’activité et l’influence d’un individu sur les principaux réseaux sociaux. Le Klout score tire son nom du service Klout opérant cette mesure grâce à 400 signaux ou facteurs sur 8 réseaux sociaux.]

Le premier tweet envoyé depuis l’espace était celui de l’astronaute américain Mike Massimin (@Astro_Mike) en mai 2009. Par la suite, d’autres twittos l’ont rejoint, comme l’américain Chris Hadfield. Il publie sur YouTube en mai 2013 une reprise de la chanson Space Oddity de David Bowie, générant plus de 34 millions de vues.

En janvier 2016, Scott Kelly quant à lui poste une photo de la première fleur de l’espace. Message relayé par la NASA, qui comme le CNES et l’ESA, s’appuie sur ses astronautes pour renouveler sa communication et susciter de l’engagement… et l’adhésion du grand public autour de budgets colossaux .

La fleur de l'espace de Scott Kelly

La fleur de l’espace de Scott Kelly (2016)

Thomas Pesquet observe la Terre, mais observez-vous l’ISS ?

L’ISS fait 16 fois le tour de la Terre en 24 heures, ce qui correspond à un coucher de soleil toutes les 45 minutes. La station spatiale, plus gros satellite artificiel mis en orbite, passe au dessus de nos têtes plusieurs fois par jour.

Là encore, les nouveaux outils digitaux permettent à chacun d’entre nous de lever les yeux au bon moment :

  • Spot the station, mis en ligne par la NASA. En renseignant votre géolocalisation, vous pouvez connaître les dates, transits et durées précises de chaque survol de l’ISS au dessus de chez vous
  • ISS Tracker, permet de savoir où se trouve la station en temps réel (latitude, longitude, vitesse relative).
  • Ies applications ISS Finder (sur iPhone) et  Station Spatiale ISS Detextor (sur Android) envoient une alerte lorsque l’ISS est visible depuis la localisation GPS enregistrée par votre téléphone
  • l’application Android ISS on Live permet quant à elle de retrouver les images temps réel de la Terre vue du ciel, depuis les caméras embarquées par le satellite.

Observez le ciel au bon moment, vous verrez un gros point blanc qui se déplace assez rapidement. Généralement, il s’agit de l’objet le plus brillant dans le ciel nocturne, après la Lune, assez pour être observé en milieu urbain malgré toute la pollution lumineuse.

Amateurs de sensations inédites et connectées, Aurélien Fache, « API Artist » a pensé à vous, et propose une expérience baptisée « In Bed with Thomas Pesquet » : un sex toy connecté à l’API de l’ISS Tracker  se met à vibrer dès que l’ISS survole la France, comme l’explique le site numerama.com

Mais au-delà des stratégies de communication, les réseaux sociaux aident aussi les astronautes à garder le moral, observe Jean Coisne, responsable de la communication des astronautes à l’ESA :

« C’est un soutien psychologique (…) Ils vivent à six dans une caravane dont ils ne peuvent pas ouvrir la fenêtre »

Dépêchez-vous, le retour de la caravane sur Terre est prévu en mai prochain !

Par | 2017-03-19T20:47:49+00:00 dimanche, 19 mars, 2017|Catégories : Business|Mots-clés : , |

À propos de l'auteur :

MBA MCI, promotion 2017

Un commentaire

  1. Vaccarossa 19 mars 2017 à 23 h 05 min- Répondre

    Demain lundi 20 mars à 14h Thomas Pesquet sera en direct de l’espace avec les élèves des écoles françaises. 🙂

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