Supprimer 30 mails : geste anodin ou significatif pour la planète ? Si l’essor du numérique acte en faveur de la transition écologique, il n’est pas sans impact sur l’environnement. La pollution numérique est partout. Alors, que vous soyez au bureau ou chez vous, cet article a pour vocation de vous transmettre les bons gestes à adopter afin que tous ensemble, on devienne plus responsables.

Qu’est ce que la pollution numérique ?

La pollution numérique désigne les impacts environnementaux négatifs engendrés par toutes les nouvelles technologies (TIC). (Greenpeace.fr)

La pollution numérique est un terme plutôt méconnu du fait que ce fléau soit – ou plutôt semble – invisible. D’ailleurs, 73% des Français n’ont pas conscience de la notion d’écologie digitale. De ce fait, le numérique est parfois perçu comme étant une solution à la réduction de la consommation d’énergie, or, ses impacts sur la planète sont réels.

La pollution numérique, selon un rapport de l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), consomme environ 10% de l’électricité mondiale et est responsable de 3,8% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, soit 1,5x plus que le transport aérien. D’ailleurs, d’après les dernières estimations, si rien n’est fait, en 2025 le numérique polluera autant que le traffic automobile mondial.

Comment expliquer cette pollution ?

1 – La pollution est liée à la fabrication des équipements numériques

Dans les étapes de vie d’un produit, c’est sa fabrication qui est l’étape la plus gourmande en énergie. En effet, elle représente à elle seule 80% des impacts environnementaux. 

Cela s’explique par le fait que ces équipements fonctionnent aux énergies fossiles. Il faut alors extraire les composants, fabriquer les pièces puis les assembler, et à cela s’ajoute le transport. 

2. La pollution est liée à la consommation et à l’utilisation du numérique

Le numérique est omniprésent dans notre société, et nous sommes un grand nombre (4,4 milliards en 2019) à être connectés et ainsi à l’utiliser quasiment quotidiennement. Nos actions journalières nous semblent anodines, pourtant lorsque nous faisons une recherche, envoyons un mail ou regardons une vidéo, nous laissons dernière nous une empreinte numérique.

3 – La pollution est liée à la fin de vie des objets électriques

Pour terminer, la fin de vie des produits engendre également une forte pollution. En effet, il est difficile de récupérer les métaux qui se trouvent dans les appareils électroniques lorsque ces derniers sont jetés.

D’ailleurs, 75% des déchets sont exportés illégalement en Chine, en Inde ou en Afrique pour terminer leur vie dans des décharges à ciel ouvert.

💡Le saviez-vous ? Le nombre de tonnes de déchets électriques et électroniques dans le monde équivaut à 4500 tours Eiffel.

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Image du documentaire “La Tragédie électronique”, de Cosima Dannoritzer

 

Les bons gestes à adopter : alors, prêt à changer ?

 

1- Préférez les réunions en audio plutôt qu’en visio

Grâce aux nombreux outils de visioconférence (Teams, Zoom, Skype…), les entreprises et les écoles ont su s’adapter au travail à distance notamment durant les confinements qu’à connu le monde en 2020. Allumer sa caméra va de soi afin que les échanges soient plus plaisants et paraissent presque « normaux », cependant, en utilisant seulement les flux audio vous consommez 1000x moins de bande passante.

 

2- Les mails : faites-les les plus légers que possible 

Afin d’éviter que vos mails soient stockés dans différentes boîtes de réception et donc sur différents serveurs, veillez à ciblez les destinataires et à limiter le nombre de destinataires en copie.

Lorsque vous envoyez un mail avec des pièces jointes, pensez à les compressez afin que le mail soit moins volumineux en données. Vous pouvez également utilisez un site de dépôt temporaire. Dans un autre cas, si vous répondez à un mail possédant des pièces jointes, pensez à répondre en les supprimant si cela est possible.

Enfin, entre collègues, préférez les messageries instantanées et le serveur de l’entreprise pour échanger.

💡Le saviez-vous ? Multiplier par dix le nombre des destinataires d’un mail, multiplie par quatre son impact écologique.

 

3- Faites le ménage dans votre boîte mail 

Afin d’éviter la surcharge des serveurs qui consomment beaucoup d’énergie, il faut trier ses mails. Supprimez régulièrement vos mails inutiles ou devenus obsolètes sans oublier les spams ainsi que les brouillons. Puis, videz définitivement votre corbeille après.

Pour le bien-être de la planète et de votre boite mail, désabonnez-vous des newletters inutiles ou que vous ne lisez pas.

💡Le saviez vous ? La suppression de 30 mails équivaut à économiser une ampoule allumée pendant une journée.

 

4- Fermez vos onglets et pages inutilisées 

Ces onglets communiquent et envoient constamment des informations, ce qui consomme de l’énergie. L’extension sur Chrome « The great suspender » permet de fermer automatiquement vos onglets après un certain temps d’inaction.

 

5- Utilisez le Cloud avec modération 

Veillez à ne stockez que le nécessaire sur votre Cloud et à désactiver les transferts automatiques de données (la synchronisation). En effet, utiliser le Cloud signifie que vos données sont conservées dans des data centers, des centres informatiques très gourmands en énergie. 

Avez-vous déjà pensé à stocker vos données sur disque dur externe ou ordinateur ? L’avantage, c’est que le disque dur « s’endort » dès que vous le débranchez. En plus, vous êtes sûre d’avoir tout le stockage dont vous avez besoin à prix moindre.

 

6- Connexion : optez pour le Wifi plutôt que la 4G

Lorsque vous le pouvez, il est préférable d’utiliser le Wifi car, d’après l’Université de Columbia, la 4G consomme 23 fois plus d’énergie et donc, émet d’autant plus de gaz à effet de serre. Sur votre téléphone, désactivez les téléchargements et MAJ automatiques des applications. 

 

7- Recherche web : choisissez le chemin le plus court 

Lors de vos recherches, employez des mots clés précis dans les moteurs de recherches. En effet, une recherche Google émet du CO2, donc plus la recherche est précise plus on trouve rapidement la page qui nous intéresse : gain de temps pour vous, et bonne action pour la planète.

Lorsque vous vous rendez régulièrement sur des sites web, utilisez les favoris ou l’historique.

Vous pouvez également opter pour des moteurs de recherches plus responsables tels que Ecosia, Lilo ou Ecogine.

 

8- Si vous travaillez en musique :

Evitez le streaming et privilégiez la radio ou téléchargez vos musiques préférées. Contentez-vous de l’audio, et ne lancez pas systématiquement le clip vidéo pour écouter une chanson (surtout si vous ne le regardez pas). 

💡Le saviez-vous ? La vidéo Gangnam Style, visionnée 2,7 milliards de fois sur la planète, aurait induit une demande d’électricité équivalente à la consommation annuelle d’une petite centrale nucléaire.

 

9- Et pendant les pauses ? 

Si durant vos pauses vous visionnez des vidéos ou des films, limitez le streaming. En effet, mieux vaut les télécharger ou choisir une résolution moindre car les vidéos représentent 60% du flux mondial de données.

Pour les pauses de plus d’une heure – votre pause déjeuner par exemple – éteignez votre ordinateur. En veille, il consomme encore 20% à 40% de sa consommation en marche. Puis, en fin de journée pensez à déconnecter ou débrancher tous vos appareils. D’ailleurs, selon l’ADEME les appareils laissés en veille représentent environ 11% de la facture énergétique d’un foyer.

💡Le saviez-vous ? Télécharger la version électronique d’un quotidien consommerait autant d’électricité que de faire une lessive.

 

Sources :

Chickadee Blue, Les chiffres de la pollution numérique : un enjeu caché, méconnu, mais bien réel, 2020

EWAG, Les bons gestes pour diminuer notre pollution numérique, C. Custos Quatreville, 2020

Greenpeace, Greenpeace – La pollution numérique qu’est-ce que c’est ? 

Grizzlead, L’incroyable impact de la pollution numérique et les bonnes pratiques à adopter très vite !, 2020

INC, La pollution numérique qu’est-ce que c’est ? , 2018

Les Echos, L’usage d’Internet dans le monde en cinq chiffres, S. Amsili; F. Maussion, 2019

QQF, La pollution numérique : du clic au déclic , 2020

RFI, [infographie] La pollution numérique, un fléau invisible, 2019

TV5MONDE, Pollution numérique : comment réduire ses effets au quotidien ?, C. Bour, 2019