Mieux comprendre le deep web en 5 mythes et réalités

A l’heure de la croissance toujours plus endiablée des contenus sur Internet, un des enjeux majeurs est la visibilité. On ne compte plus les conseils et techniques pour être toujours mieux référencés auprès des moteurs de recherche. SEO, indexation, génération de clics, fréquentation, tout bon webmaster passe aujourd’hui une partie de son temps à essayer d’optimiser sa présence sur Internet pour se démarquer des sites concurrents. Il existe pourtant un véritable océan de sites et de contenus qui cherchent justement à échapper à cette course à la visibilité pour des motifs variés. Je parle ici de la zone immergée du web communément appelée le deep web ou web profond.

deep webLes définitions varient selon les experts. Ce terme englobe communément tous les sites non indexés par les moteurs de recherche traditionnels. Cet espace caché surgit régulièrement sur le devant de la scène, même au sein des médias traditionnels. Ils ont évoqué le démantèlement de market place de la drogue comme Silk Road , AlphaBay ou Hansa. Le deep web est source de fantasmes et d’idées reçues notamment du fait de sa réputation sulfureuse comme creuset de toutes les activités illégales et amorales. J’ai tout de même chercher à me demander si tout est foncièrement mauvais sur le deep web et quels en sont les mythes et les réalités.

 

Mythe n°1 – C’est compliqué d’accéder au Deep Web, c’est un truc d’informaticiens: FAUX

La difficulté de l’accès au Deep web est essentiellement liée au fait que les sites qui le constitue ne sont pas référencés par les moteurs de recherche. « Google it » n’est donc pas suffisant la plupart du temps pour accéder à ces sites. Il faut en outre souvent disposer de l’adresse exacte du site et les webmasters sur le Deep web ne manquent pas d’imagination pour trouver des noms impossibles à retenir (http://zbnnr7qzaxlk5tms.onion/ ou encore http://3g2upl4pq6kufc4m.onion sont typiques des adresses du Deep web). Cependant, il est très facile de trouver sur le web « traditionnel » des sites répertoriant des liens du Deep web comme le site HiddenWiki. Quelques moteurs de recherche spécifiques au Deep web existent également: ils ne référencent certes pas tout, et notamment pas les contenus douteux ou illégaux. Cet article, par exemple, référence quelques-uns des moteurs les plus populaires.

tor browser

Certains sites associés au Deep web ne permettent néanmoins pas une connexion à l’aide d’un navigateur traditionnel comme Internet Explorer, Firefox ou Chrome. Le passe-partout pour accéder à ces contenus cachés n’est cependant pas compliqué à se procurer. Il suffit d’installer le navigateur TOR . Celui-ci est aussi simple d’accès que n’importe quel navigateur, néanmoins ses fonctionnalités d’affichage sont relativement bridées de façon à limiter au maximum l’effet du tracking publicitaire et les menaces de sites internet malicieux. Il est donc possible que certains sites classiques ne s’affichent pas correctement en utilisant TOR.

Mythe n°2 – On ne trouve que des choses illégales sur le Deep Web: FAUX

A la base le Deep web est même bien loin de ne proposer que des contenus illégaux ou tendancieux. La navigation sur les contenus du Deep web et l’utilisation du logiciel TOR  permettent ainsi à de nombreux opposants de régimes totalitaires ou restreignant la liberté d’expression (Corée du Nord, Chine,…) d’éviter la censure et d’accéder à des ressources et des contenus sans être traqués par les autorités. La navigation « anonymisée » est ainsi souvent citée comme un des facteurs ayant favorisé l’émergence du printemps arabe (voir cet article). Certaines ONG proposent même des formations et des tutoriels sur l’utilisation de ses outils afin d’éviter la censure.

Par ailleurs de nombreux sites sur le Deep web n’ont rien à voir avec l’illégalité. Il héberge notamment de nombreux sites d’activistes (neutralité du net, théories conspirationistes,…). Même un grand nombre de sites ayant pignon sur rue (Facebook, le moteur de recherche DuckDuckGo, Wikileaks…) disposent de « versions Deep web ».

Enfin, c’est aussi un mode de fonctionnement pour certains activistes ou influenceurs inquiétés par les risques de l’Internet traditionnel quant à la protection de la vie privée et des informations personnelles.

Mythe n°3 – Le Deep Web représente une partie infime d’Internet: FAUX

 

Les statistiques précises sont rares, cependant, il est communément admis que le Deep Web représente en réalité l’immense majorité des sites Internet (les évaluations fluctuent mais évaluent qu’entre 70 à 95% des sites appartiennent au Deep Web et échappent au référencement des moteurs de recherche grand public). La métaphore de la partie émergée de l’iceberg n’a jamais été aussi bien illustrée.

 

Mythe n°4 – Le Deep web c’est le marché noir d’internet: VRAI

page du dark web

Le Deep web et plus précisément son sous-ensemble encore plus sombre, le Dark web, reste le lieu de prédilection pour tous ceux qui ont des choses à cacher ou se livrent à des commerces illégaux : drogues, piratage informatique, armes, pédophilie..

On a récemment évoqué dans les médias les fermetures de certaines places de marché de masse spécialisées dans le commerce de la drogue, véritables Ebay ou Amazon du Deep Web. Cependant, celles-ci sont souvent vite remplacées et des forums plus discrets proposant données personnelles volées ou des services de piratage sont légion.

 

Mythe n°5- Sur le Deep web je peux tout faire ou toute impunité, je suis anonyme: VRAI et FAUX

En théorie, on pourrait dire qu’en effet il est très difficile de s’immiscer dans le réseau TOR et il est vrai qu’il garantit un anonymat très satisfaisant. Néanmoins, cet anonymat peut vite être levé lorsqu’on est pas assez vigilant. Comme le démontrent les fermetures et démantèlement de certains sites, les autorités (police, services secrets) sont elles aussi très actives sur le Deep Web et cherchent à s’infiltrer comme elles pourraient le faire dans le monde physique.

Les pirates et malfaiteurs commettent également des erreurs quelquefois et certains journalistes d’investigation comme Brian Krebs se sont fait une spécialité de traquer les gangsters du web en liant leur activité dans le web visible et le web invisible.

Le Deep web reste un monde assez fascinant, presque comparable à Matrix où se côtoient activistes, défenseurs de la vie privée, criminels, opposant politiques et commun des mortels. Ce web caché semble en tous cas être la pour durer et s’intégrer dans le quotidien de notre expérience d’internet. Le terme vient d’ailleurs d’entrer officiellement dans le dictionnaire français sous la traduction de « toile profonde » ou « abysse ». Alors? Prêt pour l’exploration?

 

Source:

http://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/06/01/le-fondateur-de-silk-road-le-supermarche-de-la-drogue-definitivement-condamne-a-la-prison-a-vie_5137343_4408996.html

http://www.leparisien.fr/faits-divers/dark-web-deux-plaques-tournantes-du-trafic-de-drogue-et-d-armes-fermees-20-07-2017-7147350.php

http://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/09/26/dark-web-deep-web-ou-user-interface-ont-desormais-leur-traduction-francaise-officielle_5191801_4408996.html

Par | 2017-10-19T23:11:08+00:00 jeudi, 19 octobre, 2017|Catégories : LeWeb|Mots-clés : , , , , , , , , , , , |

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