Dans un contexte où le développement durable devient un enjeu de plus en plus important.  Nous aborderons dans cette article, une branche de cette évènement, en liant le biomimétisme avec l’e-commerce pour répondre à de nouvelles problématiques écologiques et économiques.

« Le biomimétisme (littéralement : imitation du vivant) consiste à s’inspirer des solutions de sélection naturelle adoptées par l’évolution, pour en transposer les principes et les processus en matière d’ingénierie humaine. La démarche vise à privilégier des « choix » éprouvés par la nature, dans le cadre d’un développement durable en meilleure harmonie avec l’environnement et soutenable sur le long terme. » (source : YouMatter : Biomimétisme : définition et exemples – Qu’est-ce que le biomimétisme ?)

Depuis de nombreuses années, l’être humaine cherche à s’inspirer de la nature pour innover, « la nature est incroyablement high-tech ». Voici deux exemples :

  • Samsung étudie des sépiolides (espèce : seiche proche du calamar) dans la technologie des écrans plats pour le plasma, le LCD, le LED, l’AMOLED… Ce petit être vivant est « le meilleur méta-matériau optique au monde connu de l’homme aujourd’hui. »
  • Le phytoplancton possède un squelette en silicium très structuré, la distance entre les branches de sa diatomée est de 10 nanomètres (« embranchement de microalgues unicellulaires ») . Cela fait 60 millions d’années que « des puces électroniques flotte dans l’eau de mer » sans le moindre processus industriel. Pour 2021, le groupe Intel prévoit de dépasser cette prouesse technologique en proposant une nouvelle génération de puces électronique de 7 nanomètres et vise un objectif d’1,4 nanomètre pour 2029.  A savoir, le coût pour passer de 32 à 22 nanomètres ces dernières années a été de 10 milliards de dollars pour Intel.

Concernant ces deux exemples, la production des produits qui en découle demande de longs processus industriel qui nécessitent souvent de passer par des fabrications coûteuses et néfastes pour l’environnement. Bien sûr il existe d’autres exemples s’inspirant du biomimétisme où le processus de production est moins important mais bien souvent il est nécessaire d’avoir une R&D assez développé.

La nature permet à l’homme d’innover, mais comment s’en inspirer tout en créant un système respectueux envers l’environnement et économique ?

Biomimétisme et éco-conception

Pour cela nous ajouterons l’éco-conception au biomimétisme pour éclairer cette idée.

« Concrètement, biomimétique et éco-conception sont deux approches très complémentaires, qui peuvent fonctionner en synergie. Le premier permettant de stimuler la créativité et l’innovation en apportant son lot quasi-infini d’idées et solutions inspirées de la nature. Le second rappelant à son tour que la nature a aussi ses contraintes comme l’économie de moyens, de ressources ou l’adaptation à l’environnement. Des contraintes qui deviennent alors elles-mêmes une source de créativité et d’optimisation. » (source : Positivr, Biomimétisme et éco-conception : innover en s’inspirant de la nature)

L’éco-conception se caractérise par la vision globale du cycle de vie d’un produit. Pour mettre en oeuvre cette démarche voici un schéma illustrer par le Pôle Eco-conception :

 

L'éco-conception dans le cycle de vie d'un produit. Une démarche illustrée par le Pôle Eco-conception :

 

Alors pour aller encore plus loin dans une démarche respectueuse envers l’environnement il est encourageant de voir qu’il existe des solutions liant l’éco-conception avec le biomimétisme. Cela peut ouvrir de nouveaux horizons sur le marché du e-commerce qui devient un phénomène grandissant. De 2018 à 2019, le marché du e-commerce en France a connu une augmentation de 15,7%.

Quelques exemples…

Bien sûr le biomimétisme peut concerner d’autres marchés . Par exemple nous pouvons prendre le cas de Glowee, une entreprise fondée par Sandra Ray utilisant le phénomène de la bioluminescence comme moyen de production de lumière biologique sur le marché du bien-être et de l’éclairage nocturne en ville.

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La question de recherche et développement reste une pierre angulaire pour mettre en place une offre s’inspirant ou utilisant le biomimétisme. Mais ces processus peuvent parfois naître de recherches plus faciles d’accès pour les mettre en place.

Prenons par exemple le cas de Chido Govero, une jeune Zimbabwéenne qui a mené l’application industrielle d’une grande découverte à base de marc de café :

Chido Govero, une jeune Zimbabwéenne qui a mené l’application industrielle d’une grande découverte à base de marc de café

On ne savait pas quoi faire de ce déchet. On ne peut pas nourrir de bétail avec, on ne peut pas non plus en faire du compost pur. En revanche, on a découvert que le marc de café est un formidable champicompost. Plusieurs espèces de champignons apprécient beaucoup ce terrain. Certains poussent jusqu’à 3 fois plus vite que sur un compost habituellement utilisé pour la culture des champignons. Le terroir de caféine leur donne en plus un goût délicieux. Cette jeune femme a fait fortune en partant de rien, en vendant simplement des champignons qu’elle a fait pousser sur du marc de café.

– Une fois que le marc a été utilisé, il devient un fourrage de haute qualité, très riche en lysine, un acide aminé difficile à se procurer, dont on nourrit des boeufs de Kobé.
– Les racines du champignon, le mycélium, est par ailleurs un matériau. Deux jeunes Américains ont créé une nouvelle matière, un bioplastique qui ressemble à du polystyrène, à base de racines de champignons. (source :  Idriss ABERKANE, L’économie de la connaissance : un nouvel eldorado ?)

Les deux américains Eben Bayer et Gavin Mcintyre ont poussé encore plus loin l’exploitation du marc de café. Celle-ci partant d’une création d’emballages « eco-friendly » a permis de créer une alternative d’emballage durable. L’idée de cette innovation est de laisser pousser des champignons dans un moule pour qu’il puisse prendre la forme voulue et remplacer le polystyrène avec une solution 100% biodégradable. « De nombreuses compagnies proposent du polystyrène aux ménages du monde entier! Imaginez la satisfaction d’ouvrir votre dernier achat technologique ou une bougie parfumée et jeter l’emballage dans votre cour pour nourrir la terre. » (Ecovative Desing)

 

deux américains utilisent le biomimétisme pour créer des emballages éco-friendly

L’ensemble de ces idées rejoignant la cause du développement durable permet d’offrir de belles opportunités pour déployer de nouvelles stratégies liées au e-commerce. Pour le moment ces offres liées au biomimétisme sont destinées aux grandes compagnies mais d’ici quelques années, nous pourront peut-être assister à des offres accessibles à tous utilisant le génie de la nature tout en respectant un processus d’éco-conception pour consommer intelligemment.

Sources :

Pôle éco-conception

Gallery: Ecovative Design: wiping out polystyrene with fungus and farm waste

Positivr, Biomimétisme et éco-conception : innover en s’inspirant de la nature

Eaquato choffees

Biomimétisme : définition et exemples – Qu’est-ce que le biomimétisme ?

Bacillariophyta

Le CV de la nature, Idriss Aberkane, TedxUNamur

Intel : des processeurs qui flirtent avec le 1 nm à horizon 2029

Intel rate sa génération de puces de 7 nanomètres… au bonheur de Samsung et TSMC

L’économie de la connaissance : un nouvel eldorado

Étude : les chiffres clés du e-commerce en 2020

Eben Bayer et Gavin McIntyre (US)

Goodbye, Mushroom® Packaging