Et si ce n’était plus de la science-fiction? 

Et si George Orwell, en 1949, lorsqu’il a publié son célèbre roman “1984” avait écrit une prophétie réalisatrice?  Pouvons-nous encore protéger notre vie privée ou bien sommes nous traqués en permanence par le Big Data?

Big Data: Is Big « BROWSER » watching us?

Big Data - caméra

 

Le sujet déchaîne les passions car nos datas valent de l’or.

“Jamais sans mon smartphone”, la révolution numérique a profondément modifié nos modes de vie  et nos habitudes de consommation. Les innovations liées au monde du numérique sont importantes et vont encore profondément changer nos quotidiens.

Par exemple, d’après une étude menée par Gartner et l’Idate, d’ici 2020, on estime que le nombre d’objets connectés dans le monde sera entre 50 et 80 milliards.  Si l’on ramène ce chiffre à la population mondiale, cela signifie que chaque individu aura en moyenne 6 objets connectés.

Les secteurs de la domotique, ce qu’on appelle “la smart home” et la santé ont le vent en poupe. Ces objets sont en capacité de collecter bon nombre de données et d’informations personnelles afin de s’adapter à chacune des demandes de leur possesseur. Quelles sont leurs habitudes à la maison, la musique qu’ils écoutent, l’heure à laquelle ils se couchent, leur poids, leur rythme cardiaque, leur activité sportive … Autant de données sur les individus qui leur permettent d’offrir un service adapté, personnalisé, voire même prévoir leur comportement.

C’est une véritable révolution.

Mais revenons aux bases, qu’appelle-ton le Big Data?

Apparue en octobre 1997, selon l’Association de Computing Machinery (ACM), la notion de Big Data désigne littéralement “les grands ensembles de données”.

Selon le glossaire de Gartner.com, premier cabinet à avoir évoqué le terme de Big Data:

Big data is high-volume, high-velocity and/or high-variety information assets that demand cost-effective, innovative forms of information processing that enable enhanced insight, decision making, and process automation.”

Il s’agit en réalité de données tellement nombreuses et complexes qu’elles ne peuvent pas être traitées avec les systèmes de traitement de données classiques.

Source: IBM

 

Pour décrire le phénomène du Big Data, on emploie encore le système des 3V développé par Gartner en 2001:

  • Volume: un ensemble conséquent de données tel, qu’on ne peut pas les analyser et les stocker avec les systèmes traditionnels de base de données
  • Vélocité: le Big Data concerne un flux de données qui évolue en permanence, la fréquence de données capturées par jour par exemple.
  • Variété: c’est le véritable défi du Big Data. Les données concernées sont très variées et sont à la fois structurées ou non.

L’on rajoute parfois un quatrième V pour Véracité: cela correspond à la fiabilité de ces informations. Les sources de ces données sont nombreuses et il est parfois difficile de vérifier leur véracité.

Ces données sont donc toutes les données et signaux que nous produisons tous les jours. Il est estimé que nous produisons chaque jour un volume de 2,5 trillions d’octets de données par jour. Ces données proviennent généralement de nos transactions (achats sur le web), de notre navigation Web, des objets connectés …

Quelles sont les conséquences du Big data dans le Business ?

big data nuage

 

Pour les fonctions Marketing et Commerciales, ces données sont clés. Le Big Data a même profondément changé le métier du Marketing en créant une véritable interaction avec le client. Passées du mass market à la personnalisation et la création de lien avec leurs clients, les fonctions Marketing s’adaptent en permanence, au rythme de la révolution numérique.

L’analyse de ces datas personnelles représente donc un enjeu financier majeur. Accéder aux data des consommateurs, c’est pouvoir répondre de manière parfaite aux besoins de ces derniers. C’est l’opportunité de proposer la bonne offre, à la bonne personne, au bon moment.

Un phénomène courant est par exemple l’utilisation de cookies sur les sites Internet. Les cookies, petits morceaux de codes placés sur les pages Internet permettent de collecter des données sur les sites et envoyer ensuite des messages publicitaires parfaitement adaptés en fonction de la navigation de l’individu.

Si ces pratiques sont de plus en plus précises pour les annonceurs, un phénomène fait trembler le monde de la publicité en ligne: les AD BLOCKERS.  Ce phénomène, autrefois limité a pris de l’ampleur ces dernières années face à une utilisation des données jugée intrusive par les consommateurs. Selon une étude du CSA publiée en 2016, 83% des internautes se disent irrités par la publicité en ligne et 1 Français sur 4 déclare utiliser un adblocker.

C’est là toute la complexité du phénomène du Big Data pour les directions Marketing.

Si la data est un outil important de connaissance de ses clients, elle doit être utilisée à bon escient et pour servir la marque. Le branding, l’expérience et l’émotion rattachés à la marque restent des leviers majeurs de la construction d’une marque iconique. Et cette construction ne doit pas être évincée par les enjeux business de développement.

L’enjeu sur le Big Data est donc de taille pour tous les acteurs du marché, à tous les points de vue.

Le Big Data appelle de nouveaux contrôles….

big data stop

 

Forcément, la collecte de données et la prise de conscience collective de l’utilisation des données par les marques oblige les hautes instances à légiférer sur le sujet.

 2 sujets sont pris en compte: la sécurité et l’utilisation de ces données.

Aujourd’hui, la sécurité des objets connectés par exemple est un vrai sujet. En Octobre 2016, une violente attaque informatique a paralysé des centaines de milliers d’objets connectés. Cela a relancé le débat sur la sécurité des objets connectés. Les données dont ces objets disposent sont des données parfois très personnelles.

En Janvier 2017, la Commission Européenne a présenté un projet visant à mieux encadrer le ciblage publicitaire en laissant plus de marge de manoeuvre à l’Internaute qui devra valider l’autorisation de l’utilisation de ses données personnelles.

En France, c’est également le rôle de la CNIL, la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés, de contrôler et d’encadrer l’utilisation des données personnelles collectées par les marques.

La prise de conscience collective emmène donc petit à petit les acteurs du numérique à encadrer cette utilisation de données. L’avenir nous le dira mais les prochaines années et les innovations dans le secteur devraient voir arriver de nouvelles règles pour encadrer comme il se peut la data. Trouver le juste équilibre, afin de ne pas se brûler les ailes.

…et de nouveaux métiers

Enfin, l’ampleur et les enjeux économiques, sécuritaires et juridiques du Big Data étant si importants, cela a eu, nous l’avons vu, un impact important sur la fonction Marketing en entreprise. Aujourd’hui, savoir analyser des quantités importantes de données structurées ou non sont du ressort du Data Scientist. Le Parlement européen a ainsi rendu obligatoire un nouveau métier en Avril 2016: le Data Protection Officer. Son rôle au sein de l’entreprise est de s’assurer que l’entreprise est bien en conformité avec la loi dans l’utilisation des données de ses consommateurs. A cheval entre l’Informatique le Juridique et le Marketing, c’est sur les épaules du Data Protection Officer que repose la stratégie d’utilisation des datas de son entreprise.

Les spécialistes sont formels, la plupart des métiers que nous exercerons en 2030 n’existent pas encore!

Si le phénomène Big Data peut faire rêver ou peur, le réel revient au galop dans cette transition numérique. La résistance des hautes instances juridiques et des consommateurs montrent que le Big Data sera amené à être encadré. L’enjeu des prochaines années est donc de taille: optimiser la collecte, la sécurité des datas. Le débat sur le Big Data ne fait donc que commencer!

Et vous, avez-vous peur du Big Data?