De nombreuses applications existent aujourd’hui pour faciliter l’apprentissage des enfants par le jeu. Et les enfants adorent ! Pour en savoir plus sur le développement d’applications et les Ed Tech (l’éducation par la technologie, secteur en plein boom), j’ai rencontré Nicolas Lehovetzki, développeur d’applications mobile. Il nous parle des clés de succès d’une application mobile et de son dernier projet Memo Flash.

Ingénieur de formation, Nicolas a fait sa carrière dans le marketing B2B dans le secteur des télecoms. Il a commencé à développer des applications mobiles pour le plaisir, en parallèle de son travail. Son application AB Math a été téléchargée plus de 4 millions de fois depuis sa création. Il a quitté son entreprise il y a un an pour se dédier pleinement à cette nouvelle activité.

Pourquoi avoir choisi de vous lancer dans les applications mobiles ?

L’attrait pour le device d’abord, j’ai toujours cru en l’essor du mobile et des applications.

Et l’iPad est sorti, et là cela a été comme un déclencheur pour moi, j’y ai vu un tournant dans le marché. Je me suis alors intéressé de plus près aux applications et j’ai commencé à développer.

Dans le mobile, les résultats peuvent être plus rapides que pour le web. De plus, avec les stores, il y a une vraie vraie opportunité d’accéder à un marché mondial.

Mon application phare « AB Math » est traduite dans 9 langues. Aujourd’hui, mon entreprise est internationale, la France ne représente que 25% de mes ventes.

ABMath

Le marché des applications éducatives est très concurrentiel. Comment avez-vous fait en tant que développeur indépendant pour faire émerger votre application AB Math?

En fait, j’ai lancé AB Math il y a 5 ans et le marché était encore peu concurrentiel. C’était une application simple et elle a rapidement trouvé son public. Depuis, les grands groupes comme Nathan, Gulli, Disney ou encore Toca Boca se sont lancés et le marché est plus difficile pour les petits acteurs. Pour autant, AB Math est toujours classée dans le Top 20 des applis françaises dans la catégorie Education.

 

Quels sont tes bonnes pratiques pour faire connaître une application ?

Le premier point d’entrée pour la découverte d’applications, c’est la recherche de mots clé dans les stores. Comme sur Google, il est clé de ressortir dans les premières positions. L’ASO (App Store Optimization) est stratégique. On suit le nombre de téléchargements, les avis déposés par les utilisateurs et ce que proposent les concurrents.

On peut acheter des téléchargements sur Facebook, mais c’est très coûteux pour une application gratuite. Le classement dans les stores d’applications est donc vraiment le principal enjeu, d’autant plus si on n’est pas une grande marque.

Par ailleurs, des publications dans les médias sont toujours bienvenus pour faire connaître son application. Pour AB Math, j’ai par exemple été cité dans Les Echos et Direct Matin. L’impact n’est pas systématique, mais il peut être très puissant.

Quels sont selon toi les principales clés de succès d’une application ?

Au-delà du nombre de téléchargements, il faut suivre de près les utilisations et les parcours au sein de l’application pour identifier d’éventuels bugs et améliorer l’usage.

Personnellement, j’utilise plusieurs outils comme AppAnnie (pour suivre les ventes et les classements), Flurry (pour l’analytics) et aussi les App. analytics des stores comme celui d’Apple.

Un autre enjeu clé est le passage à la version payante. J’incite mes utilisateurs à passer à la version payante au sein de la version gratuite, mais le taux de passage vers le payant est assez faible (environ 5%). Et ce taux est très variable selon les pays, par exemple, la capacité à payer est plus faible aux Etats-Unis. Il faut donc tenir compte des différences culturelles dans son business model.

J’ai remarqué que les grosses entreprises ont souvent du mal à faire vivre les applications après leur lancement. Elles n’anticipent pas assez la charge de travail nécessaire post-lancement pour suivre les performances et améliorer les parcours et les utilisations.

Des développeurs indépendant peuvent réussir, mais ils doivent être très fin dans leurs analyses et dans le suivi. Il faut toujours avoir pensé au suivi après lancement qui est très important.

Il y a un vrai savoir-faire pour sortir et faire vivre une application et aussi un certain manque de compétences dans les entreprises.

Tu as récemment sorti une nouvelle application Memo Flash, peux-tu me raconter ce nouveau projet ?

MemoFlashMemo Flash est née d’une rencontre. Elle a nécessité 6 mois de travail. L’idée s’appuie sur le système des flash cards, méthode d’apprentissage très répandue aux Etats-Unis.

Ce sont des piles de cartes questions / réponses que l’on parcourt sur son mobile ou sur le web, associées à un algorithme qui permet d’optimiser la mémorisation. Les sujets sont très variés et concernent les enfants comme les adultes. L’application facilite l’apprentissage des langues, la préparation des examens..

memo-flash-headerPour Memo Flash, différents modes de jeu sont disponibles : cartes recto / verso, QCM et memory. Un store au sein de l’application répertorie les différents sujets (gratuits ou payants), sachant qu’un sujet est constitué d’une pile de cartes.

On a souhaité que l’application soit collaborative, tout le monde peut créer un sujet et l’utiliser en privé ou le proposer au public. Un enseignant peut par exemple mettre à disposition ses fiches à des élèves.

Nous recherchons la qualité plutôt que la quantité. Bien sûr, tous les sujets sont modérés pour vérifier qu’ils sont conformes à la charte de qualité. De ce fait, pour cette nouvelle application, on a un double enjeu : téléchargements et utilisation de l’application bien sûr, mais aussi conception de sujets par des contributeurs.

Dans le domaine de l’éducation, beaucoup de gens ont créé des contenus, des sites web… Avec Memo Flash, on donne l’opportunité d’utiliser d’une plateforme optimisée.

Notre ambition est de bénéficier du cercle vertueux du collaboratif : le concepteur des cartes devenant ambassadeur de l’application et pourquoi pas être recommandé par l’éducation nationale ou par des profs influents !

Merci beaucoup Nicolas pour ces échanges très enrichissants, j’espère en effet que l’application se fera remarquer par les enseignants 😉 

N’hésitez pas à télécharger les applications et a nous faire vos retours. Pour réviser les tables de mathématiques : AB Math. Et pour se challenger sur les drapeaux ou les capitales du monde, testez Memo Flash (applications disponibles sur iOS et Androïd).